Numéro 35.4
Rédactrice : NANCY WRIGHT
APPEL DE COMMENTAIRES/RÉFLEXIONS – Actualités Justice 35.3
Un intérêt a été exprimé pour la mise en place d’une page de commentaires/réflexions dans l’édition précédente de l’Actualité Justice, volume 35.3. Nous publierons tous les commentaires reçus dans la troisième édition de 2021. Veuillez me les transmettre au ccjapubsacjp@gmail.com ou par la poste au bureau d’Ottawa en vue de leur publication. Merci.
L’ordonnance de probation et ses fonctions dans le cadre la détermination de la peine
Me François Boillat-Madfouny
Diplômé en droit (LLB, LLM)
Membre du Comité d’examen des politiques – CEP (ACJP)
François Boillat-Madfouny, avocat et membre du Comité d’examen des politiques de l’ACJP, explore le rôle de l’ordonnance de probation et ses fonctions dans le cadre de la détermination de la peine. Plus spécifiquement, il note comment la fonction première des conditions imposées dans une telle ordonnance n’est pas de punir le probationnaire, bien que leur existence puisse nécessairement impliquer un certain aspect punitif dans ses conséquences. L’auteur conclut en invitant fortement les juges, les procureurs et les avocats de la défense à faire preuve de retenue lorsqu’ils élaborent des conditions afin d’éviter de criminaliser disproportionnellement les probationnaires.
Helping Others To Help Themselves
Par George Myette
Directeur général, The Seventh Step Society of Canada
Membre fondateur et directeur général actuel de l’organisme 7th Step Society of Canada, George Myette explique l’origine et l’évolution de cet organisme d’entraide voué au soutien par les pairs et à la prévention du récidivisme. M. Myette présente les principes directeurs (c. à d. les 7 étapes vers la liberté) de la 7th Step Society of Canada dans le cadre d’un concept de libération graduelle et soutenue de l’incarcération. Il décrit également la conceptualisation et la mise en œuvre depuis le début des années 1970 de centres résidentiels communautaires, de groupes d’entraide, d’occasions de sensibilisation du public et de formation de bénévoles par des associations provinciales affiliées. M. Myette, qui a collaboré en 1975 à la mise en place de l’Alberta Seventh Step Society en tant qu’organisme comptant des maisons de transition à Calgary et à Edmonton, illustre la manière dont le centre résidentiel communautaire de la Société, à Calgary (Graham House), constitue un milieu idéal qui accueille principalement des personnes détenues sous responsabilité fédérale ayant obtenu une semi-liberté, une libération conditionnelle ou une libération d’office avec assignation à résidence.
Deaf offenders: understanding and meeting the needs of this unique population as inmates and parolees
Par Dr. Tracey Bone, MSW, RSW
Maîtrise en travail social, travailleuse sociale autorisée
La professeure Bone écrit « Sourd » avec un « S » majuscule et fait remarquer que les personnes Sourdes, dont le langage ASL est leur langue première ou préférée, ont des besoins uniques qui représentent un défi pour le système de justice pénale actuel. La professeure Bone propose une perspective de droits de la personne et précise qu’il incombe au système de justice pénale dans son ensemble et à ses institutions de garantir que le personnel reçoit une formation appropriée qui favorise et fait valoir les droits des personnes Sourdes. Pionnière souvent citée de la recherche portant sur les obstacles comportementaux, culturels et de communication auxquels les Canadiens Sourds sont toujours confrontés, la professeure Bone a également créé en 2018 deux ressources vidéo à l’intention de Service correctionnel du Canada afin de garantir que le personnel comprenne les enjeux liés aux contrevenants Sourds. La professeure Bone pose une question pertinente: le personnel se prévaut il de ces ressources uniques pour améliorer ses compétences culturelles auprès de cette population?
Go Ahead and Shoot Me!
And Other True Cases about Ordinary Criminals
Durvile Publications Ltd. (2020).
Par Doug Heckbert
M. Doug Heckbert donne un aperçu de son livre intitule Go Ahead and Shoot Me!, qui regorge de moments de légèreté et de compassion sincère. Son livre représente également un réel cours sur la probation et la liberté conditionnelle (c. a d. services correctionnels communautaires) a chaque niveau, truffe d’observations intéressantes sur le changement systémique. Dans cet article, M. Heckbert présente les théories issues de la criminologie, tempères de sa connaissance approfondie du système de justice pénale ainsi qu’une sélection de témoignages tires de son livre. Ces témoignages mettent en évidence les lacunes dans le système de justice et les maux sociaux apparus au cours des dernières décennies et qui, ensemble, peuvent entrainer un comportement criminel chez certaines personnes. Le livre intitule Go Ahead and Shoot Me! soulevé de nombreuses questions importantes; par exemple, ≪ avons nous, comme parents, membres de la famille, membres de la collectivité et agents correctionnels, des attentes trop limitées? Si nos attentes étaient plus élevées, les personnes pourraient bien se montrer a la hauteur. ≫ Donc, même si les témoignages présentes dans ce livre sont des récits de désespoir, ils deviennent des récits d’espoir lorsque l’auteur illustre leur retour à la normalité. En situant ces réflexions dans son contexte de compréhension holistique du système de justice pénale, M. Doug Heckbert apporte des précisions et de l’espoir au public à l’égard de la réinsertion et de la prévention au delà du système carcéral.
La gestion des détenus dits « radicalisés » : au-delà de l’idéologie, une approche rhizomique
Par Maria Mourani, PhD.
Cet article porte un regard critique sur la primauté de l’idéologie dans l’évaluation et la gestion des détenus dits « radicalisés ». Il y est plutôt proposé une approche rhizomique, mettant de l’avant les agencements-vie, les chemins d’où émergent le désir d’engagement afin d’y extraire les éléments pertinents à un plan correctionnel, une évaluation du risque, une libération avant la fin de la sentence, un suivi en communauté, etc. En ce sens, M-Rhizome est une proposition ouverte qui permet d’adresser la complexité.
Probation and Parole in Canada
Par Samantha Barlage
Baccalauréat ès arts — justice pénale (avec distinction) — Cohorte de 2019; Baccalauréat ès arts — psychologie — Cohorte de 2023. Mount Royal University (Calgary, Alberta).
Les options de liberté conditionnelle et de probation sont des outils que le système de justice peut utiliser pour aider à la réinsertion des contrevenants et à la réduction du récidivisme dans la société. Les opinions publiques existantes, les politiques obsolètes et la couverture médiatique sélective des procès peuvent constituer des Barrières aux résultats positifs en ce qui concerne la probation et la liberté conditionnelle. On porte attention à l’atténuation possible de ces facteurs au moyen d’une meilleure sensibilisation du public et de la nécessité de mieux évaluer l’opinion publique sur laquelle s’appuient les politiques.
Specialized Drug Treatment Courts: An Alternative to Incarceration and the Role of Probation Officers
Par Patricia Doiron
Law and Society, Honours (le droit et la société – hon.), Faculty of Arts, University of Calgary.
Les tribunaux de traitement de la toxicomanie (TTT) sont des tribunaux spécialisés visant à aider les personnes ayant des antécédents criminels en raison d’être sous l’influence d’alcool ou de drogues ou qui ont commis un crime pour maintenir leur dépendance (CDTC, sans date). Les TTT ont été mis en place au cours des années 1980 aux États-Unis en réponse à l’accroissement du taux d’infractions liées aux drogues (Gutierrez, 2012). Les TTT se sont multipliés partout aux États Unis. En effet, en 2014, on en comptait 2 619 partout au pays (Jewell et coll., 2016). Le premier TTT canadien a été établi à Toronto en 1998, puis ont suivi ceux de Vancouver en 2001, d’Edmonton et de Winnipeg en 2005, d’Ottawa et de Regina en 2006, et de Calgary en 2007. Même si les approches des TTT peuvent être différentes, elles se concentrent toutes à aider les participants à mettre fin
au cycle dépendance-incarcération.
Leading the Way to Social Justice
Par R.E.B. Bob Brown et alia: Friends and colleagues of Professor Emeritus James C. Hackler
Quel est le dénominateur commun des éléments qui suivent : justice sociale, mise en liberté sous condition et passion pour le cyclisme? À travers le regard de cet auteur et de nombreux amis et collègues, la réponse est simple : le professeur émérite James C. Hackler. Le professeur Hackler est décédé à l’âge de 90 ans le 13 avril 2020 à Victoria, en Colombie Britannique. Le présent article cherche à établir le lien entre les trois éléments plus haut, soit la justice sociale, la mise en liberté sous condition, un thème du présent numéro, et le plaisir du cyclisme pour un homme. On mettra en évidence une perspective internationale, appuyée par des réflexions nationales sur la vie et l’époque du professeur Jim.
Bob est ancien directeur du programme correctionnel et ancien directeur de district au Centre international pour la réforme du droit criminel et la politique en matière de justice pénale ainsi que directeur de région au Bureau de libération conditionnelle
de l’île de Vancouver, Service correctionnel du Canada. Il agit actuellement à titre de conseiller indépendant en matière de justice pénale, et ce, à l’échelle internationale. Plus récemment, il a travaillé au Kenya, au Sierra Leone et en Somalie.
Les opinions qui sont exprimées ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Association, mais y figurent afin d’encourager à réfléchir et à agir sur la justice pénale dans tout le Canada.
