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Numéro 32.3

Rédactrice : NANCY WRIGHT


4

ÉDITORIAL

Par Hirsch Greenberg, président de l’ACJP

 

6

CCJA INTERVIEW AVEC ROBB NASH


CHANGER LE SYSTÈME DE JUSTICE

9

THE GLOBAL YOUTH JUSTICE MOVEMENT: HARNESSING THE POWER OF POSITIVE PEER PRESSURE

Par John Winterdyk & Scott Bernard Peterson

 

13 

LA MISE EN OEUVRE DE LA CHARTE CANADIENNE DES DROITS DES VICTIMES: RÉFLEXIONS SUR LE TRAVAIL QUI NOUS ATTEND

Par Alrene Gaudreault

 

16

THE CHALLENGE OF EVIDENCE-BASED PRACTICE: DIVERSE RESPONSES BY PROVINCIAL AND TERRITORIAL COMMUNITY CORRECTIONS

Par Stephen Howell

 

21

PERCEPTION VS. REALITY: CHANGE IS POSSIBLE. LET IT BEGIN WITH ME!

Par Reverend Leon Remus

 

23

BARRIERS TO EDUCATION: ONGOING ISSUES/CHALLENGES – PERSPECTIVES FROM FEDERAL OFFENDERS

Par Terry C. Kostiw

 

28

PEACE OFFICER SAFETY IN ALBERTA

Par Dawn Rault & Melanie Rock

 

31

THE SECOND BRAIN: UNDERSTANDING THE BEHAVIOUR-CRIMINALITY NEXUS

Par Jon Friel

 

32

INNOVATIVE INTERVENTIONS AT WILLIAMS LAKE, BRITISH COLUMBIA

Par Sarah Jackman


CONTRIBUTION DE JEUNES CHERCHEUR(E)S

37

WRONGFUL CONVICTIONS IN CANADA: A FOCUS ON ABORIGINAL OFFENDERS

Par Cheyenne Esmond

 

41

PROCHAINS ÉVÉNEMENTS


Éditorial   

Par Hirsch Greenberg, Président de l’ACJP

Dans ce numéro d’Actualités-justice, on traitera de récits, de la pression des pairs, de nouvelles approches, de recherche fondée sur des faits, de relations, de formation policière, d’éducation, de neuroscience, de comportement criminel, de systèmes sociaux opprimants et de condamnations injustifiées. Nos collaborateurs proviennent de partout au Canada – l’un d’entre eux des États-Unis – il s’agit en l’occurrence d’étudiants, d’universitaires et de praticiens. Les sujets qu’il abordent nous aident à comprendre l’étendue et la profondeur des enjeux en justice pénale, les réponses à ces enjeux et l’optimisme qui se dégage des possibilités qui s’offrent.

Le Récit : il est inscrit dans les gènes de chacun de vouloir raconter son histoire. J’ai d’abord pris conscience de cette notion dans les écrits de Brené Brown, (PhD). Comme nous le disent des peuples autochtones, l’importance des récits oraux a beaucoup des sens pourvu que l’on prenne le temps d’écouter. Dans ce numéro, Robb Nash se penche sur le récrit comme moyen de susciter de l’espoir et de favoriser des choix de vie positifs.

Comprendre la criminalité et y réagir n’est pas l’apanage des professionnels du domaine de la justice et des universitaires. Le mouvement Global Youth Justice : Harnessing the Power of Positive Peer Pressure a pris naissance aux États-Unis, il y a quelque 25 ans, sous l’initiative de l’entrepreneur social, Scott Bernard Peterson. John Winterdyk (Mount Royal University, Calgary, Alberta). Toutefois, ce genre de programme n’existe pas au Canada! Winterdyk et Peterson jettent un regard révolutionnaire à la façon dont de tels programmes de déjudiciarisation (pour les jeunes) peuvent aisément s’aligner sur les mesures extrajudiciaires mises de l’avant dans le Loi canadienne sur le système de justice pénale pour les adolescents (2013).

Selon Arlène Gaudreault, présidente de l’Association Québécoise Plaidoyer-Victimes, la réussite de la mise en œuvre de la Charte canadienne des droits des victimes (CCDV) suppose que les intervenants soient mieux formes et que divers organismes et instances précisent leurs obligations à l’endroit des victimes. Malgré les efforts déployés, la CCDV est peu connue et a suscité peu de discussion. Arlène note aussi que la CCDV sera évaluée en 2020 et il faut s’y préparer et que le bilan à mi-chemin est plutôt mitigé.

La pratique fondée sur des faits est-elle tout ce qu’elle prétend être? Y-a-il plus d’une façon de voir la criminalité? Les critiques des pratiques fondées sur des faits se demandent si celles-ci ne sont pas exagérément prescriptives, en éliminant le pouvoir discrétionnaire du processus professionnel de prise des décisions et en rendant nos relations aux autres moins humaines. En regard des charges de travail écrasantes, Stephen Howell (Camosun College, Victoria, Colombie-Britannique) se penche sur les différences entre les pratiques fondées sur des faits au pays.

Perceptions par opposition à la réalité. (Cela me fait penser à mon cours de philosophie 101) Faut-il d’abord changer les perceptions pour changer la réalité? Le propos du rev. Leon Remus suggère que d’apprendre à connaître l’autre, que de prendre le temps d’établir des relations avec une personne a la fois contribuera éventuellement a changer le fonctionnement de système.

Terry Kostiw partage sa riche expérience comme agent de probation et de libération conditionnelle et comme professeur de criminologie, de justice pénale et de services correctionnels (Sheridan College, Ontario), offrant sur l’éducation la perspective d’un délinquant.

Des améliorations au chapitre de la santé et de la sécurité au travail, de la formation obligatoire, de l’équipement de protection personnelle et de moyens de communication fiables pourraient-elles contribuer à améliorer la sécurité des agents de la paix? Existe-t-il un bouclier ultime pour protéger les agents de la paix? Rault et Rock enquêtent.

Au cours de mes études supérieures, j’ai mis la main sur un article publie a la fin des années 1980 par le National Institute of Mental Health des États-Unis. Selon les réflexions de l’auteur, nous n’entre l’esprit et le cerveau pour 200 ans encore. Je ne me souviens pas du nom de l’auteur, mais la question de savoir si nous pourrons un jour comprendre, voire contrôler, l’esprit en manipulant le cerveau, est stimulante. En ce qui a trait à atténuer les traumatismes lies aux troubles mentaux, mais soulève des enjeux sur le plan de l’éthique, tels que ceux présentés dans Vol au-dessus d’un nid de coucou ou de L’organe mécanique. Jon Friel (Alberta), The Second Brain : Understanding Behaviour-Criminality Nexus, est à l’avant-plan de la recherche dans ce domaine.  

Les innovations mises en place à Williams Lake (Colombie-Britannique) sont une bonne illustration de la collaboration interprofessionnelle et de la collaboration comme moyens d’améliorer la qualité de nos services humains. Sarah Jackman, directrice générale, Punky Lake Wilderness Camp Society, fait état d’une réponse créative aux conditions sociohistoriques et économiques qui favorisent des modes de vie criminels chez les jeunes.

Cheyenne Esmond (University of Regina) avance que les condamnations injustifiées sont plus qu’une accumulation d’erreurs de système de justice. Elle se penche sur le rôle de la race et de l’ethnicité, de la police, des jurys, du système judiciaire et des procureurs de la Couronne en tant qu’influences critiques dans le cadre de son article.


Résumés

CHANGER LE SYSTÈME DE JUSTICE

THE GLOBAL YOUTH JUSTICE MOVEMENT: HARNESSING THE POWER OF POSITIVE PEER PRESSURE   

Par John Winterdyk & Scott Bernard Peterson

D’abord présenté comme un “objectif global pour l’USA” par l’entrepreneur social Scott Peterson, en 1993, les programmes de déjudiciarisation pour adolescents menés par des pairs (tels des programmes de déjudiciarisation menés par des jeunes/adolescents/étudiants, les programmes de déjudiciarisation faisant appel à des jurys de jeunes or de pairs) ont foisonné, passant de 78 programmes communautaires en 1994 à plus de 1700 en 2017. On les retrouve sur quatre continents (l’Amérique de Nord, l’Europe, l’Afrique et l’Asie) et rien ne laisse présager que cette approche locale et bénévole de la justice pour adolescents réduira en importance à court terme. Il n’existe pas de programme aussi formalisé au Canada. C’est ce qui a amené Winterdyk et Peterson à procéder à un examen novateur de tels programmes de déjudiciarisation pour les jeunes et de la façon dont ils s’harmoniseraient avec les mesures extrajudiciaires prévues à l’article 4 de Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents de 2013. Extrajudiciaire veut dire à l’extérieur des tribunaux et ces mesures visent à éviter que des jeunes soient astreints à la procédure formelle du tribunal de (incluant un casier judicaire), lorsque des approches de rechange peuvent assurer qu’ils soient tenus responsables et réadaptés à implanter un message d’espoir et d’inspiration dans leur esprit et dans leur cœur. Il les met au défi d’effectuer des changements en eux-mêmes et dans leur entourage.

 

LA MISE EN OEUVRE DE LA CHARTE CANADIENNE DES DROITS DES VICTIMES: RÉFLEXIONS SUR LE TRAVAIL QUI NOUS ATTEND   

Par Alrene Gaudreault

L’entrée en vigueur de la Charte canadienne des droits des victimes (CCDV) a fait peu de bruit. Depuis avril 2015, plusieurs initiatives ont été mises en place afin que les victimes puissent se prévaloir de leurs droits et recours. Elles varient cependant beaucoup d’un gouvernement à l’autre. Malgré les efforts déployés, la CCDV est peu connue et a suscité peu de discussion. Elle n’a généré aucune plainte auprès du ministère de la Justice du Canada et on ne sait pas ce qu’il en est des provinces et territoires. La réussite de sa mise en œuvre suppose que les intervenants soient mieux formés et que divers organismes et instances précisent leurs obligations à l’endroit des victimes. La CCDV sera évaluée en 2020 et il faut s’y préparer. Or, le bilan à mi-chemin est plutôt mitigé.

 

THE CHALLENGE OF EVIDENCE-BASED PRACTICE: DIVERSE RESPONSES BY PROVINCIAL AND TERRITORIAL COMMUNITY CORRECTIONS   

Par Stephen Howell

Les services correctionnels communautaires ont adopté les pratiques fondées sur des faits plus facilement que d’autres composantes du système de justice pénale. Les études sur l’évaluation et le traitement des délinquants, réalisés majoritairement depuis 1980 au Canada, ont été accueillies avidement en raison des besoins découlant de charges de travail imposantes. Les services offerts dans les provinces et territoires découlent d’une même Charte et de mêmes lois fédérales. Ils comprennent généralement un ensemble de services comparables et souscrivent au modèle Risque-Besoins-Réceptivité (RBR) de la gestion des cas, élaboré par D.A. Andrews et James Bonta (Bonta et Andrews, 2016). Pourtant, l’organisation et la prestation de ces services varient considérablement dans l’ensemble du pays, de même que la mise en œuvre d’une pratique s’appuyant sur des faits. L’initiative de formation stratégique en surveillance communautaire est imitée internationalement, mais accueille avec prudence au pays. Des études comparatives permettraient de mettre en évidence les forces et les faiblesses des différentes approches adoptées par les provinces et territoires.

 

PERCEPTION VS. REALITY: CHANGE IS POSSIBLE. LET IT BEGIN WITH ME!   

Par Révérend Leon Remus

Plutôt que d’espérer que le système de justice pénale change, essayez d’adopter comme mantra que « vous soyez le changement ». Un sage dicton dit : « Marchez un mile dans mes souliers ». Cela ne sera possible que si l’on apprend à connaitre l’autre. Si les agents d’autres de libération conditionnelle, les gardiens de prison, les détenus et autres parties prenantes du système de justice apprennent à se connaitre, les perceptions vont changer et, de ce fait, la réalité. Alors et alors seulement notre système changera-t-il.

 

BARRIERS TO EDUCATION: ONGOING ISSUES/CHALLENGES – PERSPECTIVES FROM FEDERAL OFFENDERS   

Par Terry C. Kostiw

Cette note de recherche présente un aperçu des obstacles qui se dressent de manière disproportionnelle à l’acquisition d’une éducation formelle par la population des délinquants – avant, pendant et après leur incarcération. Le but de cette étude était de recueillir les témoignages de délinquants libérés d’office au sujet de leur expériences scolaires. Les questions du sondage étaient centrées sur leurs perceptions de l’impact sur leurs vies du niveau de scolarité atteint ou non, et sur les obstacles qu’ils ont peut-être eu à surmonter. On a également cherché à savoir comment ils percevaient les orientations futures pouvant contribuer à aplanir les obstacles à la poursuite de leurs études. Alors que la littérature correctionnelle et criminologique nous indique clairement l’existence d’une corrélation négative entre le manque d’instruction et la criminalité, la population des délinquants au Canada demeure plutôt désavantagée. Pourtant, malgré les efforts déployés par les systèmes correctionnels fédéral et provinciaux pour s’attaquer à ce problème, le progrès est lent. Kostiw traite des obstacles à l’instruction de la perspective d’un délinquant et fait ressortir des implications importantes pour l’élaboration de politiques.

 

PEACE OFFICER SAFETY IN ALBERTA   

Par Dawn Rault & Melanie Rock

Rault et Rock se penchant sur la toute première enquête (2012) liée au décès d’un agent de la paix en Alberta et sur la nécessité en parallèle d’un dialogue franc sur les préoccupations en matière de santé et de sécurité au travail, incluant le besoin d’une formation obligatoire, d’équipement de protection personnelle et de moyens de communication fiables.

 

THE SECOND BRAIN : UNDERSTANDING THE BEHAVIOUR-CRIMINALITY NEXUS   

Par Jon Friel

Le rapport entre le cerveau/l’esprit et le comportement et l’utilisation acceptée de médicaments pour traiter les maladies mentales fait en sorte que la neuroscience est pertinente dans le domaine de la criminologie. La recherche sur les cellules gliales, qui constituent 90% du cerveau, et prometteuse en ce qui a trait à une nouvelle compréhension de l’esprit, mais celle-ci ne fait que débuter. Cela appelle à la prudence professionnelle dans les pratiques de notre travail en ce qui a trait aux programmes de traitement et de réadaptation.

 

INNOVATIVE INTERVENTIONS AT WILLIAMS LAKE, BRITISH COLUMBIA   

Par Sarah Jackman

Cet article traite d’une réponse créative aux facteurs socio-historiques et économiques qui favorisent l’adoption d’un mode de vie criminel chez les jeunes ainsi que d’un programme intitulé interventions novatrices [innovative interventions], conçu et géré par la Punky Lake Wilderness Camp and Society (PLWCS), en partenariat avec la Bande des Premières Nations de Toosey, la Section des services de police sociopréventifs de la GRC, le mouvement Jeunesse pour Christ et le conseil communautaire de justice réparatrice de Williams Lake [Williams Lake Community Council for Restorative Justice (WLCCRJ)] au bénéfice de la région Cariboo Chicoltin (Williams Lake) de la Colombie-Britannique. Ce programme est offert au Old School Training and Recreation Centre et comporte une dimension novatrice essentielles à l’intention de certains délinquants, de même que de courts séjours au camp pour des jeunes à risqué de tous âges. Les membres du personnel incluent un policier auxiliaire (qui est également le gestionnaire de projet et l’agent de développement économique de la Première nation Toosey), un agent administratif et au soutien des programmes, un Ancien issu de la collectivité local ainsi qu’un pasteur pour les jeunes émanant d’une Église locale, qui œuvre également comme entrepreneur et, à la fois, comme superviseur et comme mentor avec l’appui et de la collectivité et du personnel de la Punky Lake Wilderness Camp and Society (PLWCS). Financé par le truchement de la Direction de la sécurité communautaire et de la prévention de la criminalité, interventions novatrices offre des habilites de travail et contribue au développement de l’estime de soi des jeunes dans le cadre d’heures sanctionnées passée à une école élémentaire abandonnée du Chilcotin Country. Tous les jeunes de la vieille école ne sont pas sous le coup d’une ordonnance de probation ou à compléter des heures de travaux communautaires; certains proviennent de forums de justice réparatrice, sont recommandés par la collective ou se présentent d’eux-mêmes. On compte aussi des camps proactifs pour tous les âges de jaunes présentant un niveau de risque élevé.

 

CONTRIBUTION DE JEUNES CHERCHEUR(E)S

WRONGFUL CONVICTIONS IN CANADA: A FOCUS ON ABORIGINAL OFFENDERS   

Par Cheyenne Esmond

Cheyenne Esmond examine la question des condamnations injustifiées au Canada dans le cadre d’un système de justice pénale perturbé, soulignant qu’on ne peut pas se pencher sur cette question sans examiner aussi comment la race et l’ethnicité, la police, les jurys, l’appareil judiciaire et les procureurs de la Couronne contribuent à des condamnations injustifiées. Esmond démontre que l’histoire se répète en qui a trait aux causes datant de plus d’un siècle à il y a une trentaine d’années et que, en règle générale, « des erreurs de témoins oculaires, l’inconduite professionnelle, de fausses confessions, des sciences judicaires erronées, le recours a des informateurs incarcérés et des préjugés raciaux » occupent une place importante (Denov et Campbell 2005). L’auteure fait ressortir en outre que les condamnations injustifiées minent la confiance du public envers le système de justice.


Les opinions qui sont exprimées ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Association, mais y figurent afin d’encourager à réfléchir et à agir sur la justice pénale dans tout le Canada.

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