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Les proches de personnes judiciarisées: expériences humaines et connaissances carcérales

Sous la direction de Sandra Lehalle
Numéro thématique de la revue Criminologie 1
Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal (PUM). 2019.

Au Canada, deux (2) revues « scientifiques » en criminologie nous permettent d’avoir un portrait de la recherche en cours dans ce domaine d’activité, soit:

A – La Revue canadienne de criminologie et de justice pénale / Canadian Journal of Criminology and Criminal Justice. Cette revue est bilingue et elle est publiée trimestriellement (en janvier, avril, juillet et octobre) par Les Presses de l’Université de Toronto. Elle a été créée il y a plus de 60 ans (1958). Elle est sous la responsabilité de l’Association canadienne de justice pénale (ACJP) / Canadian Criminal Justice Association (CCJA), dont le siège social est situé dans la capitale du pays, Ottawa. L’ACJP est la principale association canadienne qui regroupe les criminologues professionnels du pays ainsi que les praticiens intéressés à la criminologie, tels les criminalistes, les procureurs et les juges, ainsi que des membres des services de police, des prisons, des solutions de rechange à l’emprisonnement, tels que la probation et la libération conditionnelle (au sens large), autant au niveau des mineurs que des adultes. Sans oublier que les organismes qui s’occupent des victimes de la criminalité y participent de plus en plus. L’ACJP a célébré du 6 au 9 novembre 2019 son 100e anniversaire (1919-2019), entre autres avec un grand congrès national qui s’est tenu à Québec (ville), en collaboration avec la Société de criminologie du Québec (SCQ), une société créée en 1960.

B – La revue Criminologie. Elle a été créée il y a plus de 50 ans (1968) et elle est sous la responsabilité du Centre international de criminologie comparée (CICC) de l’Université de Montréal. Elle est publiée par Les Presses de l’Université de Montréal (PUM). Cette revue est bi-annuelle (printemps et automne). Elle est entièrement francophone. Chaque numéro est thématique et chaque article est accompagné par un résumé qui permet au lecteur de se faire rapidement une idée du contenu de l’article. Les numéros sont relativement substantiels, de l’ordre de 250 à 400 pages, l’équivalent d’un livre en tant que tel. Au-delà du thème du numéro, une section dite « Hors thème » apparaît à chaque numéro et elle a le mérite d’illustrer des résultats de recherche significatifs sur tel ou tel sujet d’actualité criminologique. Dans ce numéro en recension, par exemple, quatre (4) articles hors thème (p. 247-347).

Par la présente, nous souhaitons refléter brièvement le contenu du dernier numéro de Criminologie, soit celui sur « Les proches de personnes judiciarisées ». Sous la direction de Sandra Lehalle, professeure au Département de criminologie de l’Université d’Ottawa, une université bilingue, ce numéro rend hommage par un article liminaire au regretté Denis Szabo, le fondateur de l’École de criminologie de l’Université de Montréal en 1960 ainsi que du Centre international de criminologie comparée (CICC) de cette même université en 1969. Le Dr Szabo est reconnu à titre de fondateur officiel de la criminologie au Québec et … au Canada dans son ensemble. L’hommage est signé dans ce numéro de la revue Criminologie (p. 5-8) par François Fenchel, le « biographe informel » de Denis Szabo. Professeur et directeur du Département de criminologie de l’Université Laval à Québec (ville), il a signé un autre article sur Denis Szabo, en collaboration avec John Winterdyk, dans le #1-2019 de la Revue canadienne de criminologie et de justice pénale (RCCJP-Ottawa), ainsi qu’un chapitre dans le livre de John Winterdyk, Pioneers in Canadian Criminology (2017). Mentionnons à ce sujet que Maurice Cusson  (U-Montréal) a aussi rendu hommage à Denis Szabo, « de façon élogieuse mais sans complaisance », dans ce # 1-2019 de la RCCJP,  mais également dans le # 4-2018 de la Revue de science criminelle et de droit pénal comparé (RSCDPC-Paris), dans le # 5-2018 de le revue Actualités-Justice (Ottawa), ainsi que dans le  # 1-2019 des Cahiers de la sécurité et de la justice de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ-Paris) et … dans le numéro # 1-2019 de la Revue internationale de criminologie et de police technique et scientifique (RICPTS-Genève).

Par ailleurs, l’introduction de Sandra Lehalle (p. 9-18) est vraiment pertinente et permet au lecteur de prendre possession du sujet. Elle y traite du « ricochet carcéral » chez les proches de personnes incarcérées, de « l’itinéraire carcéral » de l’entourage des individus incarcérés, des « retombées sociales bien au-delà des murs », des adaptations à un nouveau style de vie, du sentiment d’appartenance sociale et de l’expérience citoyenne des proches (« invisibilité, dégradation et instrumentation »). Elle pose un « nouveau regard sur la sanction pénale » et nous propose une « ouverture pour la criminologie ». Les douze (12) articles qui suivent nous convoquent à des réflexions relativement profondes et critiques sur les personnes délinquantes, les parents et les enfants des personnes incarcérées et … la « stigmatisation des familles affectées par l’incarcération ». Il n’est pas possible de résumer autant d’articles fort intéressants. Signalons, néanmoins, que Sandra Lehalle a réussi un « tour de force » assez remarquable en obtenant la collaboration d’une douzaine d’auteurs venant d’horizons fort divers, que ce soit de la France, d’Argentine, des États-Unis, et, évidemment, du Québec et du Canada. Un vrai beau travail que ce numéro # 1-2019 de la revue Criminologie.

ANDRÉ NORMANDEAU
Université de Montréal

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