RCCJP – Volume 67.3
Le prince charmant n’existe pas : Les fraudes amoureuses du faux millionnaire Serge Rivard, racontées par ses victimes
Par Kathryne Lamontagne
Montréal : Les Éditions du Journal. 278 p. 2025.
Malgré le titre à « saveur commerciale », ce livre est également à « saveur juridique et criminologique ». En effet, « Le prince charmant n’existe pas » décrit le phénomène des fraudes de nature amoureuses et relève de la justice pénale. Certes, il ne s’agit pas d’un livre à proprement « scientifique ». Pas de statistiques. Pas de méthodologie complexe. Seulement un « bon livre » pour le grand public mais également pour le juriste et le criminologue.
Je le répète de temps en temps, il est important de lire de tels livres dits « populaires ». Certes, ce ne sont pas toujours en soi des livres appropriés. Néanmoins, lorsqu’il y a un contenu « à saveur pénale », ce type de livre est important pour comprendre la vie des criminels et de leurs victimes, et le travail professionnel du personnel de justice pénale au sens large qui s’occupe de ce genre de criminalité, que ce soit les policiers, les avocats criminalistes, les procureurs et les juges, les employés des prisons et des alternatives à l’emprisonnement, comme ceux de la probation et des libérations conditionnelles.
Cette enquête démasque les stratégies de ce faux millionnaire au charisme calculateur qui ciblait méthodiquement ses proies pour les dépouiller de leurs économies et de leur dignité. Comme le dit l’auteure, Kathryne Lamontagne: « Derrière la promesse d’une vie de rêve se cache un prédateur qui transforme les contes de fées en cauchemars financiers ». « Le prince charmant n’existe pas » plonge dans le labyrinthe de mensonges tissé par un dénommé Serge Rivard, manipulateur aux multiples identités ayant orchestré d’innombrables fraudes sentimentales au Québec. L’autrice décortique les conséquences personnelles et judiciaires d’une quinzaine (15) de victimes et décrit les aléas judiciaires du système de justice pénale à leurs sujets. Des témoignages poignants dévoilent comment ces femmes, attirées par le mirage d’une relation idyllique, ont sombré dans un gouffre autant financier qu’émotionnel. On y expose le « modus operandi », selon l’expression consacrée par la justice pénale, tout en mettant en lumière le courage et la résilience de celles qui ont osé briser le silence.
ANDRÉ NORMANDEAU
UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL
