RCCJP – Volume 64.3 (2022)
La sociocriminologie
Par Stéphane Leman-Langlois
Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal (PUM). 2022. 255 p.
Même s’il s’agit d’une deuxième édition de livre, une courte recension est appropriée car cette édition est sensiblement « augmentée et mise à jour », selon l’expression consacrée. Le lecteur de notre revue appréciera cette seconde édition, en particulier parce que les livres en criminologie de nature « pleinement » sociologique sont encore relativement rares en langue française, que ce soit en France, en Belgique, en Suisse, en Afrique francophone ou au Québec/Canada.
L’auteur, Stéphane Leman-Langlois, est criminologue « et » sociologue. Il a obtenu son diplôme en criminologie à l’Université de Montréal et son diplôme en sociologie/criminologie à l’Université de Toronto. Il est professeur de criminologie à l’École de travail social « et » de criminologie de l’Université Laval à Québec (ville). Il a mené des recherches sur la sociologie des groupes criminels, sur les conséquences sociales des crimes de masse, sur l’usage criminel et policier des technologies, sur le terrorisme, l’extrémisme et la radicalisation, sur la diffusion des stratégies de surveillance du citoyen et sur les politiques visant à assurer la sécurité nationale.
Comme le dit la présentation du livre, deuxième édition revue, enrichie et actualisée d’un classique de la sociocriminalité, cet ouvrage incontournable a servi depuis près de vingt ans à former maints étudiants aux principaux aspects de la pensée sociologique sur différentes réalités liées à la criminalité, aux criminels et aux conduites culturellement associées au crime. S’appuyant sur les travaux fondamentaux de la sociologie, tels que l’opposition entre holisme et individualisme ou celle entre les théories du consensus social et les théories du conflit, l’auteur présente les éléments essentiels pour comprendre le phénomène et les concepts de base de la sociocriminologie et il pose des questions fort pertinentes. Quel est l’effet des médias sur notre conception de la criminalité, du rôle de la police et du « bon » citoyen ? Comment évolue les codes pénaux ? Quelles sont les activités quotidiennes des policiers ? Quel est le rôle de l’État et des institutions dans la définition, la prévention et la répression des actes criminels ? L’auteur explique clairement la notion de subjectivité et il montre son importance lorsqu’il s’agit de comprendre l’attitude des individus face aux normes et à la transgression de celles-ci ? En étudiant les réactions des individus, des groupes, de l’État et des institutions face au crime, le sociocriminologue contribue finalement à définir le cadre sociétal dans lequel nous évoluons.
Voici donc un livre fort important pour celui ou celle qui s’initie aux fondamentaux de la criminologie de nature sociologique. Nul n’est plus compétent en la matière, à mon avis, que l’auteur de ce livre, M. Stéphane Leman-Langlois.
ANDRÉ NORMANDEAU
UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL
