RCCJP – Volume 67.2
Faire preuve – Comment nos sociétés distinguent le vrai du faux
Julien Prud’homme et Molly Kao (dirs.)
Les Presses de l’Université de Montréal. 2025. 256 p.
En 256 pages composées d’une introduction et de douze chapitres, ce livre collectif sous la direction de J. Prud’homme (UQTR) et de M. Kao (UdM) s’annonçait comme un défi francophone (enfin !) d’embrasser ou de faire le point sur « qu’est-ce qu’une preuve ? » (4ème de couverture).
D’entrée de jeu, M. Kao et J. Prud’homme soutiennent qu’une preuve « n’est pas une chose : c’est un moyen » (P9), ou plus exactement un argument, ce qui pouvait laisser présager tôt ou tard une réflexion sémiotique, finalement totalement absente de l’ouvrage. Il en est de même de références pertinentes en épistémologie de la preuve, bien que les auteurs reconnaissent que la preuve est une construction épistémologique (P10). En fait, cette introduction annonce ce qui fait défaut à l’ouvrage : peu de références entre preuve et croyance (oublions la différence entre croire et agir portée dès le XVII é s. par le Pari de Pascal, où la preuve est centrale à la prise de décision, non plus abordée).
La première partie de Faire preuve ambitionne de présenter les approches théoriques de la preuve. Le premier chapitre (Sociologie historique des preuves en science d’Y. Gingras) distingue alors la preuve en mathématiques et en sciences expérimentales, la catégorisant comme logique, mathématique ou empirique (P22), illustrant un polymorphisme varié de la preuve (scientifique) sans jamais en faire une synthèse, comme celle trouvée dans l’Encyclopédia Universalis : « la preuve est un artifice établi par une méthode reconnue qui permet à une proposition de faire l’objet d’une croyance ». Or cette définition s’applique aisément, car non réfutée, à l’ensemble de l’ouvrage. Nonobstant cet oubli (ce rejet ?) de la croyance y compris en science, ce chapitre sur la sociologie des preuves en science fait l’impasse plus que discutable sur la probabilité épistémique (Hacking, 2002) ou encore la mise à jour des croyances par les preuves soutenue par le paradigme bayésien (Good, 1989, Good 1989), notions toutes deux totalement absentes de l’ouvrage.
Le chapitre 2 de Molly Kao (la sous-détermination, les biais et les valeurs) offre une réflexion sur ce qu’est « une bonne preuve, apte à soutenir une théorie ou une hypothèse scientifique » (P43), abordant la sous-détermination de nos théories scientifiques, le risque inductif ou encore les biais et les valeurs. Il commet toutefois l’exploit de ne jamais citer Reichenbach (Reichenbach 1970), Popper (Popper 1973, Popper 1985), Hume (Hume 1748) ou Kahneman (Kahneman 2012) pour ne citer que ces références sur ces trois thèmes majeurs, se contentant de Whewell (tout en mentionnant un bref rappel sur l’holisme de Quine). Il est dès lors difficile de soutenir que la mission est remplie.
Mathieu Marion produit un chapitre 3 intéressant intellectuellement sur la preuve par l’absurde en mathématiques opposant les réalistes aux constructivistes, qui pourrait alors conditionner le modus tollens à l’acceptation d’un constructionnisme social mathématique. Il le prévient, cependant, en défendant a posteriori, mais finalement préventivement, l’objectivité nécessaire de ces preuves. Au-delà de l’éloquence rédactionnelle de l’auteur, le lecteur peut peiner à comprendre cette controverse autour de la preuve par l’absurde, alors que la partie des constructivistes « est fortement minoritaire » (P73), sinon pour soutenir que controverse n’est pas erreur.
Trois chapitres sur la reproductibilité en science, les traces numériques en sciences humaines et sociales ou encore l’analyse de corpus sont regroupés dans une partie II, qui peine, sinon par son nom, à convaincre de grands problèmes de recherche.
Le très bon chapitre 4 de J.D. Maria et V. Larivière sur la reproductibilité en science aborde le défi de la reproductibilité en science expérimentale, couplée au manque de « puissance statistique » (pourquoi ne pas avoir fait ici référence à la robustesse ?), qui pourraient d’autant plus questionner les recherches et conclusions tirées des études des traces du chapitre suivant, quand bien même ce dernier se limite aux traces numériques, donc massifiées. Quoiqu’il en soit, il en ressort que nos inférences ne sont que personnelles, ce qui fait d’autant plus regretter l’absence de références générales dans l’ouvrage à la probabilité épistémique (de Finetti 1937, de Finetti 1977).
Dans Des traces numériques en sciences humaines et sociales, L. Delias, C. Bonneau, G. Latzko-Toth et F. Millerand s’interrogent sur l’organisation des différentes postures de recherche « en sciences humaines et sociales sur le continuum traces-données-preuve » (P97), sans jamais entrevoir une dimension sémiotique de la trace vers la preuve en passant par le signe/signal et l’indice (Eco and Sebeok 1988, Schuliar and Crispino 2013, Crispino, Weyermann et al. 2021, Crispino 2024) inspirée de Peirce (Peirce 1994, Peirce 1995, Peirce 1998), réplicable sur les traces numériques (Jaquet-Chiffelle and Casey 2021, Brocard and Jaquet-Chiffelle 2024). Bien que citant le paradigme indiciaire de C. Ginzburg (Ginzburg 1989), leur réflexion sur la trace en général, numérique en particulier, reste quelque peu perfectible comme en témoigne la confusion trace-indice-empreinte : « C’est leur observation et leur reconnaissance en tant qu’indices qui donnent aux empreintes un statut de trace potentiellement signifiante » (P100), qui plus est en en appelant au chapitre 7 sur l’expertise judiciaire (« à l’image de l’enquêteur qui associe un mégot oublié sur une scène de crime au coupable ou du chasseur qui identifie l’animal grâce aux empreintes de ses pas » (P100-101)). En fait, la méconnaissance évidente de la littérature forensique sur la dynamique de la preuve (Chisum and Turvey 2000, Kruse 2015, Costa and Santos 2019), l’absence de canevas clair de l’exploitation des traces comme, par exemple, l’hexamètre de Quintilien (Buzzini, Kammrath et al. 2019, Crispino 2022) ou la hiérarchie des propositions (Cook, Evett et al. 1998, Evett, Jackson et al. 2000), aboutit à une affirmation quelque peu discutable, voire contestable, même limitée aux traces numériques : « la pratique scientifique quasi rituelle consistant à proposer des exemples de traces en guise de preuve tend à fléchir devant le risque qu’elle conduise à l’identification des individus à l’origine des traces » (P110), d’autant plus que la trace numérique est avant tout indicatrice d’activité et non de source.
Passons rapidement sur le chapitre 6 et L’analyse de corpus : démontrer par le texte de K. Kaiser, F. Lareau, C. Malaterre et D. Pulizotto, pourtant seuls à parler de probabilités (P125), en fait limitées à statistiques relatives tirées d’études qualitatives de textes, tout en regrettant que la figure 5 demande au lecteur de déchiffrer des couleurs absentes. Abordons plutôt la dernière partie, visiblement objet principal de l’ouvrage dotée de 6 chapitres, avec une attention plus poussée sur le chapitre 7 de J. Larrègue, Faire la sociologie de l’expertise judiciaire, car susceptible de synthétiser l’ensemble des reproches adressés à ce collectif ; aux chapitres suivants, entre autres. Comment peut-on prétendre proposer une sociologie de l’expertise judiciaire dans un collectif franco-québécois, sans citer les travaux majeurs en droit et criminologie du professeur émérite Patenaude sur cette preuve judiciaire (Patenaude 1997, Patenaude 1998, Patenaude 2000, Patenaude 2001, Patenaude 2003), ou encore les débats académiques sur la preuve forensique par les scientifiques productifs en recherche, en charge de l’enseigner (Roux, Crispino et al. 2012, Roux, Ribaux et al. 2018, Crispino, Roux et al. 2019, Crispino, Weyermann et al. 2021, Ribaux, Delémont et al. 2021, Roux, Willis et al. 2021) ? Comment passer au travers de plus de 100 ans de réflexion sur cette preuve scientifique à partir de la trace (Gross 1893, Reiss 1911, Locard 1920, Kirk 1963, Margot 2014, Margot and Ribaux 2022, Ribaux 2023), définissant aujourd’hui aussi bien en français[1] qu’en québécois[2] le terme traçologie comme substituant à la science forensique, témoin d’un changement de paradigme porté par la Déclaration de Sydney (Roux, Bucht et al. 2022, Ribaux, Fernandes et al. 2024, Roux, Miranda et al. 2025) ? L’incompréhension du réviseur est amplifiée, au regard des programmes académiques, essentiellement francophones porteurs de ce questionnement, certes inexistants en France, mais présents à Lausanne (Ecole des sciences criminelles) et Trois-Rivières, université de rattachement de l’un des directeurs de ce collectif, où se donnent depuis des années des cours en interprétation des preuves, sujet d’une littérature pléthorique visiblement ignorée de l’ouvrage (Laplace 1809, Aitken and Stoney 1991, Aitken and Taroni 2004, Robertson, Vignaux et al. 2016, Aitken, Taroni et al. 2020), pour ne citer que quelques piliers.
Il n’est alors pas étonnant d’éprouver une dissonance aussi bien académique qu’opérationnelle, le réviseur ayant rejoint l’université après 25 ans de pratique et de responsabilité d’enquêtes sur la criminalité organisée et le terrorisme par le fil rouge permanent de cette forensique-traçologie : rien sur la notion pourtant bien ancrée en France, inexistante au Québec, différenciant la vérité de la vérité judiciaire ; rien sur l’interprétation des preuves scientifiques. Pire, jugement à l’emporte-pièce comme :
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- P145 : « L’ADN, tout particulièrement, a joué un rôle important dans la crédibilisation du travail de la police, qui a dès lors été perçu comme scientifique et objectif » ! Quelles références pour oser cette affirmation face aux 7 tomes du Traité de criminalistique de Locard (1931-1940), pour ne citer que ce scientifique qui a marqué la criminalistique française ?
- P145-146 : « le rôle croissant que jouent, dans les commissariats et les brigades de gendarmerie, les indicateurs d’évaluation quantitatifs a fait des bases de données génétiques, comme le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), des outils d’« élucidation » particulièrement appréciés des enquêteurs (Vailly et Krikorian, 2018)’ » : il y a ici une confusion jamais faite par les auteurs cités, entre « les indicateurs d’évaluation quantitatifs » (sont-ils les fréquences statistiques des profils soumis au FNAEG), et les indicateurs statistiques d’activité policière à l’égard du FNAEG, qui sont le sujet de la référence , reconnaissant que trois logiques d’utilisation de ces moyens se côtoient, une logique inter-institutionnelle en faveur de la police par rapport à la justice, une logique intra-institutionnelle liée à la performance professionnelle et une logique probabiliste d’élucidation visant à aider les enquêtes policières… Il y a un pas énorme entre aider les enquêtes et les élucider, rendant difficiles l’appréciation des enquêteurs sur de telles logiques superposées.
Enfin, dans ce chapitre sur l’expertise judiciaire, le lecteur se perd sur le hors sujet (à quelle fin ?) de la citation des travaux d’Adélaïde Bargeau, s’intéressant à la présence de l’avocat par la loi n° 2011-392 du 14 avril 2011 relative à la garde à vue, qui « a notamment conduit à l’apparition d’un ensemble de stratégies destinées à contourner la présence de l’avocat, par exemple en incitant la personne en garde à vue à renoncer à son droit » (P146).
Au bilan, arguer qu’on « ne saurait déterminer a priori ce qui est, ou non, susceptible de constituer une preuve judiciaire » (P. 150), en comparant l’avènement de l’ADN à la disparition des ordalies laisse quelque peu songeur l’historien, le juriste, l’épistémologue et le philosophe sur la notion révolutionnaire, encyclopédique de la liberté des preuves légales, menant au XXe s. à l’École du garantisme pénal.
Dans la déception de ces premiers chapitres, il y a moins à dire sur les chapitres 8 (Qu’est-ce qu’une donnée probante ? Les débats sur l’evidence-based en médecine et éducation de J. Prud’homme), 9 (« Je l’ai lu sur Internet » : Pourquoi se fier aux contenus en ligne de F. Claveau et J. Dion), ou encore 11 (Les savoirs expérientiels dans le domaine de la santé : l’autorité médicale en question d’Aude Bandini), regrettant une fois de plus qu’E. Montpetit et A. Lemor dans leur chapitre 10 (Science, jugement humain et décisions de politiques publiques en temps de COVID-19), n’aient pas jugé utile d’aborder la théorie de la décision, pour se contenter de regretter qu’en dépit d’inviter «habituellement un grand nombre d’experts à participer à l’élaboration des politiques publiques », « la science n’apporte parfois pas de vérités suffisamment bien établies ou ces vérités, en elles-mêmes, ne suffisent pas à susciter de consensus » (P202) de E. Montpetit et A. Lemor). Pour conclure, n’est-il pas étonnant que dans un livre sur la preuve, G. Beauchamp et M. Turbide n’ait pas questionné dans leur chapitre 12 Croyance religieuse et justification publique le livre Dieu : la science et les preuves (Bollore and Bonassies 2022), il est vrai passablement messianique métaphysique ?
En fait, l’omission de références et donc de réflexions majeures sur la preuve, qu’elles soient épistémologiques (Damaska 2003, Haack 2009, Davies 2011, Dawid, Twining et al. 2011, Lagnado 2011, Lucena-Molina 2016), légales (Tillers 1993, Twining 1994, Goldman 2003), logiques (Fox 2011), ou encore politiques (Russell and Greenhalgh 2011), peut expliquer finalement la pauvreté de cet opuscule. Au bilan, on revient à la fin du livre à la question non répondue de l’introduction, « ce que prouver veut dire ? », invitant à une ouverture interdisciplinaire, voire intersectorielle visiblement oubliée de ce collectif.
Trois-Rivières. 18 juin 2025.
FRANK CRISPINO
UNIVERSITÈ DU QUÈBEC À TROIS-RIVIÈRES
[1] Journal officiel de la République française du 15 mai 2024 : https://www.culture.fr/franceterme/terme/JURI108
[2] Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française : https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/26577112/tracologie
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