skip to Main Content

Numéro 31.1

Rédactrice : NANCY WRIGHT

5

ÉDITORIAL
By Dr. Verona Singer, CCJA Past President and Criminologist

7

NOVA SCOTIA HIGH RISK CASE COORDINATION PROTOCOL FRAMEWORK – DOMESTIC VIOLENCE AND THE EVOLUTION OF INFORMATION SHARING WITH SERVICE PROVIDERS
By Julia Rustad

8

LUTTE CONTRE LES VIOLENCES, POUR L’ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES ET POUR LA JUSTICE POUR TOUTES : MÊME COMBAT !
Par Jessica Gosselin, Manon Monastesse et Marie-Hélène Senay

13

BUILDING RESILIENCE AFTER INTIMATE PARTNER VIOLENCE
By Liz Chamberlain

17

BREAKING THE SILENCE: A COORDINATED RESPONSE TO SEXUAL VIOLENCE IN NOVA SCOTIA
By Sarah Granke

18

UN RÉEL ACCÈS À LA JUSTICE EST-IL POSSIBLE POUR LES FEMMES VICTIMES DE VIOLENCE CONJUGALE?
Par Louise Riendeau

23

STRUCTURAL VIOLENCE IN CANADA’S PRISONS FOR WOMEN
By Vicki Chartrand and Petey

24

A NATIONAL ACTION PLAN TO END VIOLENCE AGAINST INDIGENOUS WOMEN AND GIRLS
By the Assembly of First Nations
(Reprinted with permission of the Assembly of First Nations – www.afn.ca)


Éditorial

PAR Dre VERONA SINGER, Présidente sortante de l’ACJP et criminologue

Le 8 mars 2016 sera la Journée internationale de la femme. Outillées pour l’égalité, tel est le thème retenu par Condition féminine Canada pour cette journée. Ce thème sous-entend que les femmes et les filles ont le droit de vivre dans des foyers et des collectivités où elles se sentent en sécurité et à l’abri de la violence. L’Enquête sociale générale la plus récente, celle de 2014, indique que la violence sexospécifique demeure une question urgente au Canada. Quelque 760 000 Canadiens, soit environ 4 % de la population, ont été victimes d’abus physiques ou sexuels de la part de leur conjoint au cours des 5 dernières années. De nombreuses femmes rapportent avoir été victimes de violence de la part de leur conjoint à la suite d’une rupture et que l’intensité de la violence s’accroît après une rupture. Les femmes sont victimes des formes les plus graves de violence conjugale, notamment elles sont agressées sexuellement, étouffées, battues ou menacées à l’aide d’une arme à feu ou d’un couteau. Outre les blessures physiques, de nombreuses femmes rapportent être aux prises avec des effets psychologiques allant de pair avec l’état de stress post-traumatique. Les jeunes filles de 12 à 17 ans sont les plus susceptibles de subir de la violence sexuelle et 68 % des cas de violence familiale rapportés à la police impliquent des femmes et de jeunes filles. Les femmes autochtones sont plus susceptibles que les femmes nonautochtones d’être victimes de violence de la part d’un conjoint.

Le gouvernement fédéral a reconnu la gravité de la violence envers les femmes autochtones en annonçant la tenue d’une enquête sur la disparition et les meurtres de femmes autochtones. On s’attend à ce que celle-ci débute à l’été 2016. En outre, Condition féminine Canada travaille à amorcer des discussions relatives à un plan d’action national de lutte à la violence conjugale. La question de la violence sexuelle a également retenu l’attention des médias nationaux en lien avec le récent procès d’un ancien animateur radiophonique. L’examen très rigoureux des témoignages de victimes en cour a bien démontré à quel point un procès pour agression sexuelle peut s’avérer difficile pour les victimes. Aussi, de nombreuses questions ont été soulevées à savoir si ce procès et l’attention médiatique qu’il a attirée allaient décourager les femmes de rapporter une agression sexuelle à la police à l’avenir.

Dans le présent numéro d’Actualités-Justice, Sarah Granke traite de la stratégie de lutte à la violence sexuelle, élaborée en Nouvelle-Écosse. Cette stratégie est en réaction à l’affaire Rehtaeh Parsons, une jeune fille de 17 ans, qui s’est enlevé la vie en 2013 après qu’une vidéo de son agression sexuelle par des confrères de classe fut devenue virale. Julia Rustad de la GRC traite de la réaction de la Nouvelle-Écosse aux cas à risque élevé de violence conjugale. Liz Chamberlain, psychothérapeute inscrite en Ontario, discute des moyens de rebâtir sa résistance après avoir subi de la violence conjugale et Vicki Chartrand, professeure à l’Université Bishop au Québec se penche sur la violence structurelle dans les prisons pour femmes. Du Québec également nous proviennent un autre article de Louise Riendeau (Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence) traitant des femmes victimes de violence conjugale ainsi qu’un article de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, focalisant sur la lutte à la violence et pour l’égalité. Avec la permission de l’Assemblée des Premières Nations, ce numéro contient aussi le texte intégral du Plan d’action national pour éliminer la violence envers les femmes et les filles autochtones.

L’incidence de la violence des hommes envers les femmes est devenue plus perceptible par le truchement des travaux de féministes de deuxième vague, tels que les travaux de Susan Brownmiller et Andrea Dworkin sur le viol, de Del Martin sur les femmes battues, de Bell Hookes sur les femmes noires et de Lee Maracle, sur les femmes autochtones. Celles-ci et d’autres féministes de deuxième vague ont contribué à une sensibilisation accrue à la violence envers les femmes, en analysant le problème de différentes perspectives et en formulant des stratégies de solutions. Une nouvelle génération de féministes et leurs alliés de partout dans le monde continuent d’oeuvrer en vue d’une sensibilisation accrue à la violence sexospécifique et réclament l’éradication de la violence.


Résumés

Nova Scotia High Risk Case Coordination Protocol Framework – Domestic Violence and the Evolution of Information Sharing with Service Providers
Par Julia Rustad, Directrice des programmes Services de victime de la Division ‘H’

Cet article examine le de la Nouvelle-Écosse, en place depuis avril 2003. Ce cadre conceptuel vise à assurer la coordination de la gestion des cas et du partage de l’information entre les fournisseurs de services là où des cas de violence conjugale ont été désignés comme présentant un niveau de risque élevé par l’un ou l’autre de ces fournisseurs de services.

Lutte contre les violences, pour l’égalité entre les sexes et pour la justice pour toutes : même combat !
Par Jessica Gosselin (Coordonnatrice liaison aux membres et formation), Manon Monastesse, Directrice de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, et Marie-Hélène Senay, Coordonnatrice communication et analyse

Les violences que vivent les femmes reçues dans les maisons d’hébergement sont un indicateur percutant de l’incapacité de notre système à leur rendre pleinement justice. De nombreux obstacles restreignent l’accessibilité à la justice pour les femmes, notamment les statuts d’immigration, les incohérences entres les différents tribunaux et le traitement de l’enjeu de garde légale des enfants. Il y a lieu d’interroger le rôle de la justice dans l’éradication des violences et la responsabilisation des agresseurs. De même, il est primordial de reconnaître les limites du système juridique, qui participe trop souvent à la revictimisation des femmes et à l’impunité des agresseurs.

À propos de la Fédération (FMHF)

La Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF, fede.qc.ca) est membre du Réseau canadien des maisons d’hébergement pour femmes (RCMHF, endvaw.ca/fr/). Elle s’est donné comme mandat de défendre les droits des femmes violentées vivant de multiples problématiques sociales, et de leurs enfants. Elle réalise des activités de recherche, représentation, concertation, sensibilisation, etc. Elle regroupe, soutient et représente plus de 30 maisons d’hébergement dans 11régions du Québec qui accueillent chaque année près de 3 000 femmes et leurs 1 500 enfants. Sept aspects communs se dégagent des mandats des maisons : offrir le gîte 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, offrir des services de soutien externes, des services de post-hébergement, être un lieu d’appartenance pour les femmes, soutenir les femmes dans leurs diverses démarches, soutenir les enfants des femmes et, enfin, offrir des activités de prévention, de promotion et de sensibilisation.

Building Resilience after Intimate Partner Violence
Par Liz Chamberlain, Psychothérapeute inscrite auprès de l’Ordre des psychothérapeutes, CPRO- 00402
(Chamberlain and Associates site Web : chamberlainandassociates.ca)

Liz Chamberlain traite de l’appui dont ont besoin les victimes pour composer convenablement avec les effets dévastateurs de traumatismes découlant de la violence vécue dans le cadre de relations intimes, de même que pour franchir le processus judiciaire. À cette fin, elle aborde trois modalités utilisées en thérapie et pouvant permettre aux femmes de passer du statut de victime à celui de survivante ainsi que de progresser vers la résilience. Helpful hearing [écoute aidante] implique d’écouter sans interruption afin d’aider à mettre en lumière certaines informations cruciales au processus judiciaire, tout en contribuant à renforcer la résilience chez la victime. Reaffirming and Reorganizing

[réaffirmer et réorganiser]

implique une approche en deux temps : (1) rappeler à la victime que son histoire a été entendue et lui rappeler qu’elle est plus forte qu’elle ne peut le croire du fait qu’elle a survécu au traumatisme et (2) aider la victime à réorganiser les éléments de son récit pour en dégager ses buts de guérison. Enfin, Building Up and Building Out [bâtir et renforcer] vise à aider la victime à faire le point sur la maltraitance qu’elle a subie et à recadrer son traumatisme dans le but de composer avec des émotions complexes : après que la victime aura le sentiment d’avoir été rebâtie, elle entreprendra la phase de renforcement au cours de laquelle elle renforcera son sentiment de résilience et sera en mesure d’articuler sa croissance.

Breaking the Silence: A coordinated response to sexual violence in Nova Scotia
Par Sarah Granke, Spécialiste, de la prévention et du soutien en matière de violence sexuelle Ministère des Services communautaires

Sarah Granke traite d’une importante stratégie destinée à contrer la violence sexuelle en Nouvelle-Écosse où le nombre d’agressions sexuelles déclarées est supérieur à la moyenne nationale. Sarah souligne que les jeunes de 15 et 24 ans sont les plus à risque d’être victimes d’un délit sexuel et que, pour parvenir à un changement radical de culture, il faudrait amorcer un changement générationnel. Elle met aussi l’accent sur l’importance de l’intersectionnalité, soulignant au passage qu’au-delà de 90 % des agressions sexuelles déclarées sont commises contre des femmes et des jeunes filles et que les femmes et les jeunes filles autochtones sont trois fois plus susceptibles d’être victimes d’un crime sexuel que les femmes non-autochtones. Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a engagé 6 millions de dollars sur trois ans en 2014 pour élaborer et mettre en oeuvre une stratégie visant à contrer la violence sexuelle dans la province. La mise en oeuvre a débuté en juin 2015, elle était centrée sur l’engagement de la collectivité et tentait d’assurer que la gamme de mécanismes de soutien était variée et accessibles, et qu’un inventaire des politiques et processus pertinent était dressé en vue d’un changement.

Un réel accès à la justice est-il possible pour les femmes victimes de violence conjugale ?
Par Louise Riendeau, Coordonnatrice des dossiers politiques Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Les infractions commises en contexte conjugal doivent être traitées comme tout autre crime contre la personne. Or, bien que le nombre d’infractions enregistrées ait augmenté de façon continue, on constate que ces crimes commis au sein d’un couple demeurent sous-dénoncés. Certaines pratiques et procédures judiciaires auraient-elles pour effet de décourager les femmes victimes de violence conjugale à porter plainte? Est-il alors illusoire de penser que ces victimes pourront obtenir justice? Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale croit que la chose est possible, pour peu que l’on donne des moyens aux services policiers et au système judiciaire de jouer pleinement leur rôle.

Structural Violence in Canada’s Prisons for Women
Par Vicki Chartrand, Bishop’s University et l’ex-détenue, Petey, actuellement étudiante en droit

Cet article examine comment certaines formes structurelles de la violence vécue par des femmes dans les prisons canadiennes découlent de la logique institutionnelle, du langage et des pratiques routinières au sein des établissements. Selon cet article, des pratiques telles que les fouilles à nu, le recours à l’isolement et leurs incidences sur les femmes autochtones en prison constituent autant d’illustration de ce fait. Les pratiques routinières liées à la sécurité et l’ordre contribuent à normaliser ou à justifier la violence dans les prisons, des pratiques qui pourraient autrement être considérées comme illégales. L’article conclut qu’il nous faut repenser la prison et le châtiment comme moyens d’assurer la justice.

A National Action Plan to End Violence Against Indigenous Women & Girls

L’ACJP remercie l’Assemblée des Premières Nations (APN) pour l’octroi de la permission de réimpression pour le document A National Action Plan to End Violence Against Indigenous Women & Girls, qui est également disponible en français – site web APN.

Les opinions qui sont exprimées ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Association, mais y figurent afin d’encourager à réfléchir et à agir sur la justice pénale dans tout le Canada.

Back To Top
×Close search
Rechercher