Numéro 37.4
Éditorial par IRVING KULIK Directeur général de l’ACJP
Récapitulation du Congrès
5e Congrès Mondial sur la probation et la libération conditionnelle.
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Organisé par
38e Congrès biennal canadien sur la justice pénale de l’ACJP
En collaboration avec
The Confederation of European Probation
Service correctionnel Canada
International Corrections and Prisons Association
Commission des libérations conditionnelles du Canada
Sécurité publique Canada
Gendarmerie royale du Canada
Le 5e Congrès mondial sur la probation et la libération conditionnelle, tenu du 28 septembre au 28 octobre en Ottawa (ON), Canada, a réuni des partenaires communautaires et judicaires du monde entier pour échanger de l’information et des points de vue sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition. Le succès de cet événement a été assuré par les collaborations de la Commission des libérations conditionnelles du Canada, du Service correctionnel du Canada, de Sécurité publique Canada, de l’Association internationale des services correctionnels et des prisons et de la Confédération européenne de probation.
ENTREVUE DE L’ACJP avec Anil Anand
Par NANCY WRIGHT
JUSTICE Report Editor
Cet auteur, conférencier et coach en leadership/gestion du changement possède 29 années d’expérience policière au sein du Service de police de Toronto. Il est l’auteur de plusieurs publications sur la police et les politiques, y compris son livre Mending Broken Fences Policing ; An Alternative Model for Policy Management. Anil Anand détient une maîtrise en droit (Osgoode), un MBA (Rothman School, University of Toronto), un Global Executive MBA (Saint-Gall, en Suisse), un diplôme en éducation physique / santé (University of Toronto) et une ceinture noire (Japan Shotokan Karate Association). Anil apporte une approche globale et novatrice aux défis en matière d’organisation, de gestion et de leadership. Dans cette entrevue de l’ACJP, Anil Anand offre des réponses éclairantes à une variété de questions sur des sujets comme la réforme des procédures de détermination de la peine et la nécessité de politiques favorisant l’intégration des services de traumatologie, le paradoxe de la pauvreté et la sécurité publique.
Solitary Confinement in Canada and the Promise of Structured Intervention Units in Canadian Penitentiaries (*Part 1)
Par HOWARD SAPERS
Président du comité consultatif sur la mise en œuvre des unités d’intervention structurée Président du comité consultatif sur la mise en oeuvre des unités d’intervention structurée (UIS CCM) et ancienne enquêteur correctionnel du Canada, Howard Sapers jette un regard historique sur la pratique de l’isolement dans les pénitenciers canadiens. Considérée au XIXe siècle comme un ‘programme correctionnel’ conduisant à la pénitence par l’autoréflexion, la pratique de l’isolement constituait la base de l’idéologie et de l’architecture des premières prisons nordaméricaines et faisait partie intégrante de la première culture correctionnelle du Canada. Son utilisation a été considérée comme un facteur dans l’émeute du pénitencier de Kingston (1971), ce qui a mené à la création du Bureau de l’enquêteur correctionnel (1972). Malgré plusieurs études demandant la réforme – surtout liés aux prisonniers autochtones et ceux entrainant des troubles mentaux – les tentatives historiques du Canada de mettre en œuvre les changements recommandés ont été vouées à l’échec, en partie à cause d’une puissante culture correctionnelle axée principalement sur la sécurité et le contrôle. Enfin, cette pratique a été abolie par la loi en novembre 2019. Voir l’Actualités justice (#38.1) en 2023 pour la partie 2, qui abordera les défis liés à la mise en œuvre du remplacement légal de la ségrégation. Puis, en 38.4, vous retrouverez la 3ème et dernière partie de cette trilogie d’articles discutera les réponses aux recommandations provenant du rapport du Comité. This article draws heavily on the 2021-22 Annual Report of the Structured Intervention Unit Implementation Advisory Panel (SIU IAP) that monitors, assesses and reports on issues related to the ongoing implementation. *Cet article s’appuie en grande partie sur le rapport annuel 2021-22 du Groupe consultatif de mise en œuvre de l’Unité d’intervention structurée (SIU IAP), qui assure le suivi de la mise en œuvre de l’initiative.
A Fading Faith in Policing
Par GREGORY LEWIS BISHOP
La nécessité d’un changement, sous la forme d’un processus top-down et multifactoriel, se reflète dans la prévalence de la pauvreté, problèmes de santé mentale, toxicomanie, décrochage scolaire, l’intimidation, négligence/violence envers les enfants et la discrimination en général. Les approches participatives en matière de maintien de l’ordre sont justifiées, mais nécessiteront une communication avancée pour une intégration sans précédent aux soutiens communautaires. Pour modifier la façon dont le gouvernement influence les services policiers, il faudra un cadre communautaire pour établir les priorités, les approches et les besoins de financement. Lorsque ces changements seront apportés, la confiance envers nos agents de la paix et les institutions qui les régissent s’accroîtra.
Canada’s Corrections System –
The New “Scoop”
Par ANIL ANAND
Coach en leadership et gestion du changement, auteur et ancien policier
Comme au Canada, des Premières Nations au travers le globe – incluant les Autochtones en Australie et les Māori en Nouvelle-Zélande, et les tribus le long de l’Amazone, en Russie et au Japon – luttent contre leur annulation historique. Il est incompréhensible pour la plupart d’entre nous de comprendre ce que ‘cancel culture’ signifie pour ces peuples. Ils ont vu leurs pratiques sociales et spirituelles proscrites, leurs enfants enlevés de force pour endoctrinement par des autorités étrangères et abusives, criminalises pour avoir parlé leur langue, soumis à une conversion religieuse et déplaces, et même assassines.
YOUNG RESEARCHER CONTRIBUTIONS
Self-Compassion and Mindfulness in Policing
Par BRANDI CHRISMAS
Étudiante à la Maîtrise, Peace and Conflict Studies Program (programme d’études sur la paix et les conflits), University of Manitoba
Même si le métier de policier n’est pas pour les âmes sensibles et que les agents sont bien formés pour prendre des risques, Brandi Chrismas souligne que ces formations bénéficieraient d’un contenu lié aux techniques de pleine conscience et d’autocompassion. En discutant des stresseurs professionnels, l’auteur considère les facteurs de stress organisationnels comme des choses que l’on peut changer et les facteurs de stress opérationnels comme faisant partie du travail. L’auteur invente un terme, stresseurs supra-opérationnels, qui désigne ce qui se passe lorsque les stresseurs organisationnels, comme l’absence de renfort dans les zones rurales, deviennent systémiques (voir Ricciardelli, 2018). Appelant à plus de recherches sur les facteurs de stress professionnels dans les services de police, B. Chrismas souligne également que les facteurs supra-opérationnels doivent aussi être résolus.
The Social Impact Technology Summit hosted by the Centre for Social Impact Technology
Par MEGAN DAVIDSON
Étudiante de l’Université Mount Royal et spécialiste de la sensibilisation de la communauté pour le Centre for Social Impact Technology (Calgary)
Les 3 et 4 novembre, le Centre for Social Impact Technology (Calgary) a organisé le premier Social Impact Technology Summit. Il a réuni intervenants et dirigeants communautaires mondial pour discuter de l’innovation technologique Le sommet a mis en lumière les défis fait face le secteur social dans l’utilisation de la technologie dans les mesures de réduction de la pauvreté, a la sécurité alimentaire, a la criminalité et de santé mentale. Comme l’a note Afua Bruce, technologue d’intérêt public renommée, dans sa session, nous sommes dans ≪un monde construit autour de l’exclusion systémique, ou le pouvoir est détenu sans pouvoir de décision≫.
Trauma and Truth: Taking National Responsibility for Reconciliation
By SARAH BORBOLLA GARCÉS
Honours Student, BA (Double Major: Criminology and Sociology), University of Toronto
Parlant du rôle du modèle traditionnel de justice occidentale dans l’oppression autochtone, l’auteur-étudiante reconnait l’ampleur des défis auxquels fait face le système de justice pénale canadien en ce qui concerne la surreprésentation des Autochtones dans la victimisation, les arrestations, les condamnations et les prisons. Notant Gladue et d’autres initiatives de justice réparatrice, Borbolla Garces nous rappelle que le changement est plus facile a imposer qu’a instaurer. Elle souligne que des vestiges de pratiques discriminatoires systémiques dans le système juridique canadien causent des dommages moraux et socioéconomiques. Borbolla Garces salue l’utilisation des témoignages par la Commission de vérité et réconciliation du Canada et recommande que les chercheurs mobilisent les voix autochtones et non autochtones dans le but de favoriser la compréhension entre tous les Canadiens quant aux raisons pour lesquelles il est question de passer des modelés traditionnels de droit et de recours a un modelé de restauration sociale.
Les opinions qui sont exprimées ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Association, mais y figurent afin d’encourager à réfléchir et à agir sur la justice pénale dans tout le Canada.
