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Juillet 2017

Volume 59, No. 3 | Allez aux résumés

Articles

Page 285

Race Matters: Public Views on Sentencing
Anne-Marie Singh, Jane B. Sprott

Page 313

Aboriginal Incarceration in Canada since 1978: Every Picture Tells the Same Story
Julian V. Roberts, Andrew A. Reid

Page 346

The Social Environment of Daily Life and Perceptions of Police and/or Court Discrimination among African, Caribbean, and Black Youth
Amy Peirone, Eleanor Maticka-Tyndale, Kenny Gbadebo, Jelani Kerr

Page 373

Visitor Inflows and Police Use of Force in a Canadian City
Rémi Boivin, Patricia Obartel

Page 397

Traitement des plaintes d’agression sexuelle envers les enfants dans le système de justice criminel québécois
Agnès Alonzo-Proulx, Mireille Cyr

 

Résumés

Race Matters: Public Views on Sentencing

Anne-Marie Singh, Jane B. Sprott

Les études concluent constamment que, abstraitement, les gens expriment des inquiétudes au sujet de la clémence de la peine, mais lorsqu’on leur présente un cas précis, ils ne sont en général pas particulièrement punitifs (Hough et Roberts 2012). Bien que des études canadiennes aient plus amplement exploré l’effet de divers facteurs sociaux-structurels sur la préférence en matière de détermination de la peine, elles manquent toutes une enquête empirique du rôle joué par la race du contrevenant, le cas échéant. Nous explorons cette question à l’aide d’un échantillon de commodité d’adultes canadiens et quatre sketches (d’un vol à main armée) qui étaient identiques sauf pour l’identité racialisée du contrevenant. Le choix de la peine des répondants et leur perception du degré de dangerosité, de culpabilité et du risque de récidivisme du contrevenant ont été demandés. Les résultats dévoilent que le contrevenant « noir » a été classifié comme étant beaucoup plus dangereux que le contrevenant « blanc » et a reçu une peine beaucoup plus punitive. Après une prise en compte de l’impact du dossier criminel et des perceptions de dangerosité, de culpabilité et de risque de récidivisme, il y avait toujours un effet indépendant, quoique très minime, de l’identité racialisée du contrevenant sur la détermination de la peine. Par contre, le meilleur prédicteur de peine était le degré de dangerosité du contrevenant perçu par le répondant. Une partie du désir d’une peine plus sévère pour les contrevenants noirs est probablement liée à la perception de dangerosité. Les implications de ces résultats sont discutées.

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Aboriginal Incarceration in Canada since 1978: Every Picture Tells the Same Story

Julian V. Roberts, Andrew A. Reid

Au Canada, la détermination de la peine comporte de nombreux problèmes, mais un point faible se démarque : le très haut taux d’incarcération chez les Autochtones. Cet article documente les tendances actuelles et historiques des taux d’incarcérations des Autochtones aux niveaux provincial/territorial et fédéral depuis 1978. Nous nous attardons particulièrement aux années qui ont suivies deux jugements importants de la Cour suprême (en 1999 et 2012) qui a ordonné les cours de faire preuve de plus grande retenue quand venait le temps de déterminer la peine de détenus autochtones. Les données primaires viennent de l’enquête sur les Services correctionnels pour adultes réalisée par Statistiques Canada. En 2014, les personnes autochtones formaient un peu plus d’un quart de toutes les incarcérations provinciales et territoriales, une hausse importante depuis le pourcentage noté en 1978 (16 %). En fait, au cours des 20 dernières années, toutes les juridictions sauf une ont noté une augmentation du pourcentage d’incarcérations d’Autochtones dans les établissements correctionnels provinciaux et territoriaux. Malgré les jugements de la Cour suprême et des cours d’appel provinciales, ainsi que plusieurs autres interventions de rééducation, notamment la création de tribunaux dits Gladue et une forme alternative de détention passée dans la communauté, le problème de la surincarcération des Autochtones s’est empiré au lieu de s’améliorer.

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The Social Environment of Daily Life and Perceptions of Police and/or Court Discrimination among African, Caribbean, and Black Youth

Amy Peirone, Eleanor Maticka-Tyndale, Kenny Gbadebo, Jelani Kerr

Les morts récentes d’Afro-Américains causées par des actions policières et la création du mouvement protestataire Black Lives Matter ont attiré l’attention du public sur le profilage racial et la discrimination que pratiqueraient les policiers américains. Au Canada, les inquiétudes suscitées par le profilage racial portent surtout sur le nombre disproportionnel de personnes appartenant à une minorité visible, notamment la diaspora africaine, sujettes au « cartage » ou aux « vérifications dans les rues ». Cette étude a utilisé une analyse de régression logistique par blocs multidimensionnelle pour comparer le pouvoir explicatif de variables mesurant différents aspects de l’environnement social quotidien tirés de trois cadres théoriques (fenêtres cassées, activités routinières et la critical race theory) lorsque sont pris en considération les contacts avec la police ainsi que les perceptions de la police et de la discrimination de la part des tribunaux dans un échantillon composé de jeunes de la diaspora africaine (N=529) qui s’identifient comme étant africains, caraïbes ou noirs et qui vient dans une ville de taille moyenne en Ontario, au Canada. Toutes les mesures de l’environnement social contribuent de manière importante à expliquer le contact et la discrimination perçue. De plus, la croissance importante en variance est attribuable au contact et à la discrimination perçue. Chaque bloc successif appuie la conclusion que la prise en compte de l’environnement social quotidien contribue à une meilleure compréhension des contacts entre les jeunes et la police et la perception qu’ont les jeunes de la police et des tribunaux. Les résultats de l’étude ajoutent à la discussion portant sur l’inégalité ainsi que sur les contacts et expériences entre les jeunes et la police. Ils ajoutent aussi à la littérature en criminologie canadienne qui explore les relations entre la police et les jeunes ethnicisés.

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Visitor Inflows and Police Use of Force in a Canadian City

Rémi Boivin, Patricia Obartel

Les premières études ethnographiques suggèrent que les interventions de la police devraient être comprises dans le cadre d’un plus grand contexte. Quoi qu’il en soit, le nombre d’études mettant l’accent sur l’écologie de la force demeure restreint comparé à celles qui étudient les facteurs individuels et situationnels. De plus, le Canada demeure presque entièrement absent de la littérature universitaire sur l’usage de la force par les policiers. En présumant que la force n’est pas utilisée de manière spatialement aléatoire, cet article cherche à tester les propositions des principales perspectives macrosociologiques utilisées par la littérature portant sur l’usage de la force : la théorie de la désorganisation sociale, l’hypothèse de la menace des minorités et la théorie de la vigueur policière. Un autre objectif de cette étude est d’investiguer si, au niveau du Secteur de recensement (SR), les influx de visiteurs prédisent les actions des policiers. Un modèle de régression binomiale négative est utilisé pour prédire l’occurrence de 1411 usages de force autodéclarés dans 506 SR. Les résultats montrent que la désorganisation sociale est l’explication la plus prédictive pour la fréquence de situations où la force est utilisée au sein d’une région. L’analyse appuie aussi la proposition que la fréquence de situations où la force est utilisée comporte un lien positif au taux de crime de la région. Bien que l’inclusion des influx de visiteurs a amélioré l’analyse des variations spatiales de l’usage de la force par la police de manière importante, elle contribue relativement peu aux autres explications. Il n’y avait rien pour appuyer ni l’hypothèse de la menace des minorités ni la théorie de Klinger sur la vigueur policière.

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Traitement des plaintes d’agression sexuelle envers les enfants dans le système de justice criminel Québécois

Agnès Alonzo-Proulx, Mireille Cyr

Les facteurs influençant le parcours des dossiers d’agression sexuelle (AS) envers les enfants dans le système de justice québécois restent méconnus. Afin de mieux cerner les variables liées à la décision des enquêteurs de fonder le dossier ou des procureurs d’autoriser la plainte, les caractéristiques de l’enfant, de l’AS, du contexte de dévoilement, de la garde, des preuves disponibles et de l’entrevue d’enquête ont été extraites de 169 entrevues et dossiers d’AS. Les résultats des régressions logistiques révèlent certains prédicteurs communs aux deux corps professionnels relativement à la décision d’accepter le dossier, soit l’âge de l’enfant et la corroboration des faits par le suspect. Chez les enquêteurs, plusieurs prédicteurs significatifs s’ajoutent : le fait que le dévoilement soit accidentel, le choix du premier confident et la fréquence des agressions. Chez les procureurs, les autres prédicteurs significatifs mis en évidence sont la protection maternelle, l’adhésion à un guide d’entrevue non suggestif de même que le nombre de faits corroborés par le témoin. Ces résultats montrent l’importance de variables liées à la preuve dans l’acceptation d’un dossier d’AS, mais soulignent également l’importance, dans le parcours judiciaire, des facteurs contextuels tels que le soutien maternel.

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