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Juillet 2015

Volume 57, No. 3 | Allez aux résumés

Articles

Page 293

Une étude psychométrique des items du Level of Service / Case Management Inventory (LS / CMI) avec la contribution de la théorie classique des tests chez les personnes contrevenantes du Québec
Guy Giguère, Denis Savard et Franca Cortoni

Page 330

Research Access Barriers as Reputational Risk Management: A Case Study of Censorship in Corrections
Tara Marie Watson

Page 363

Situational Action Theory: Cross-Sectional and Cross-Lagged Tests of Its Core Propositions
Gerben J.N. Bruinsma, Lieven J.R. Pauwels, Frank M. Weerman, and Wim Bernasco

Page 399

Penser l’intervention correctionnelle autrement : réflexions critiques sur la prise en charge des justiciables
Manon Jendly, Bastien Quirion, Marion Vacheret et Denis Lafortune

Commentaire

Page 424

Simpson’s Paradox in Canadian Police Clearance Rates
Simon Demers and D. Kim Rossmo

 

Résumés

 

Une étude psychométrique des items du Level of Service / Case Management Inventory (LS/CMI) avec la contribution de la théorie classique des tests chez les personnes contrevenantes du Québec

Guy Giguère, Denis Savard, Franca Cortoni

Les instruments actuariels génèrent un score numérique qui prédit la probabilité d’un événement. La criminologie s’intéresse à ce type d’instrument afin de prédire le risque de récidive et de déterminer les besoins criminogènes. Le Level of Service / Case Management Inventory (LS/CMI) qui permet de jauger le niveau de service et de gestion des cas fait partie de la dernière génération des outils actuariels d’évaluation du risque. Les études de validité prédictive menées sur des outils comme le LS/CMI et le Level of Service Inventory-Revised (LSI-R) n’ont pu établir de manière satisfaisante les qualités psychométriques des items qui les composent. L’analyse présentée dans cet article comble un vide dans les écrits spécialisés en exploitant les avancées scientifiques des théories de la mesure au profit de la criminologie. L’échantillon est composé d’évaluations réalisées de février 2007 à mars 2008 sur deux groupes : 2 670 détenus et 1 837 personnes purgeant une peine dans la collectivité. Les analyses ont porté sur les 43 items formant les huit dimensions de risque qui composent la structure de la partie 1 du LS/CMI. Les résultats ont permis de cibler certains items problématiques sur le plan de la discrimination comme sur celui de la redondance.

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Research Access Barriers as Reputational Risk Management: A Case Study of Censorship in Corrections

Tara Marie Watson

De nombreux organismes de justice pénale, notamment le Service correctionnel du Canada (SCC), donnent accès aux chercheurs à partir de leurs propres services de recherche. Dans le cadre d’une recherche sur l’élaboration de programmes et de politiques en lien à la toxicomanie en prison, j’ai tenté en vain d’interviewer des employés du SCC. Par conséquent, j’ai transformé mon expérience en étude de cas, où ma correspondance avec le SCC est traitée comme source unique de données. Bien que d’autres études de cas portant sur un refus d’accès aient déjà fait partie de la recherche sur les prisons, j’ai choisi d’appliquer une nouvelle perspective, c’est-à-dire la gestion des risques liés à la réputation, afin d’étendre la boîte à outils conceptuelle dont les chercheurs futurs peuvent se servir. J’ai aussi utilisé des données tirées d’entrevues effectuées avec un échantillon de 16 participants – d’anciens agents principaux d’administration du SCC, d’anciens employés de première ligne du SCC et des intervenants externes – pour compléter mon analyse. L’étude de cas et les entrevues dévoilent de nouvelles connaissances en matière d’obstacles à l’accès, de censure et du caractère insulaire de la recherche du SCC. Ces restrictions peuvent entraîner des conséquences défavorables, notamment la (re)production de connaissances limitées concernant le service correctionnel et la réduction de solutions novatrices. J’encourage donc les chercheurs à raffiner encore plus l’application du risque lié à la réputation au contexte de justice pénale et de faire preuve de persistance quand vient le temps d’accéder aux organismes de service correctionnel.

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Situational Action Theory: Cross-Sectional and Cross-Lagged Tests of Its Core Propositions

Gerben J.N. Bruinsma, Lieven J.R. Pauwels, Frank M. Weerman, Wim Bernasco

La théorie de l’action situationnelle (TAS) est une théorie récente de l’action dans le domaine de la criminologie, laquelle intègre et synthétise des explications individuelles et écologiques existantes. La TAS veut que la tendance d’une personne à avoir un comportement criminel (moralité et maîtrise de soi) et son exposition à des environnements criminogènes (des pairs qui enfreignent la loi et du temps passé dans des activités sans surveillance et non structurées) interagissent pour déterminer si un crime sera commis. Dans cet article, les suppositions clefs de la TAS sont testées à l’aide de modèles transversaux et avec retard élaborés à partir de données obtenues d’un panel d’adolescents à La Haye (Les Pays-Bas) interviewés deux fois. En général, les résultats appuient la TAS, y compris l’interaction circonstancielle entre la moralité et la maîtrise de soi. Par contre, les résultats ont aussi soulevé des questions. Par exemple, nous n’avons pas trouvé d’effets retardés de la moralité sur des infractions futures et nous n’avons trouvé que quelques effets d’interaction importants sur l’infraction entre les deux variables liées aux pairs ainsi que la moralité et la maîtrise de soi. En général, la TAS voulant que les adolescents dont le taux de moralité ou de maîtrise de soi est bas soient plus vulnérables aux influences (situationnelles) des pairs n’était pas fermement appuyée. Cet article se conclut par une discussion sur la manière dont des variables supplémentaires liées aux pairs pourraient être ajoutées à la TAS.

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Penser l’intervention correctionnelle autrement : réflexions critiques sur la prise en charge des justiciables

Manon Jendly, Bastien Quirion, Marion Vacheret, Denis Lafortune

Le modèle d’intervention qui a été développé par le Service correctionnel du Canada a inspiré beaucoup d’administrations pénitentiaires dans le monde. Ce modèle a été discuté dans le cadre de groupes de discussion menés en Belgique, en France et en Suisse. Il ressort de ces échanges un certain nombre de pistes fécondes pour analyser sous un angle nouveau les pratiques, orientations et finalités de l’intervention en milieu carcéral. Les principaux résultats analytiques de cette démarche de confrontation constructive autour de l’intervention correctionnelle sont présentés, l’intervention étant définie par nos participants comme une forme particulière de rencontre interpersonnelle se déroulant dans un cadre institutionnel normatif. Les enjeux entourant (1) le contexte, (2) les acteurs et (3) la forme des rencontres sont mis en perspective pour aboutir à des propositions potentiellement génératrices d’un renouvellement réflexif, à la fois théorique et pratique, sur la prise en charge des justiciables dans le système pénal.

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Simpson’s Paradox in Canadian Police Clearance Rates

Simon Demers, D. Kim Rossmo

Les taux d’élucidation de la police et les autres types de données cumulatives portant sur la justice pénale peuvent être sensibles aux artéfacts statistiques, notamment le paradoxe de Simpson (effet de Yule-Simpson). Le paradoxe de Simpson a lieu lorsqu’une tendance apparente dans des groupes de données séparés s’inverse lorsque les groupes sont combinés. En examinant quinze ans de données portant sur les taux d’élucidation des 50 plus grandes juridictions policières canadienne, on a découvert 210 occurrences du paradoxe de Simpson (moyenne annuelle = 14.0). Ces occurrences comprenaient quatre cas dans lesquels une inversion avait eu lieu simultanément dans toutes les catégories et sous-catégories de crime. Ces résultats suggèrent qu’il faut être prudent lorsque les taux d’élucidation sont utilisés comme mesure comparative du rendement de la police, surtout lorsque l’on compare des juridictions ou des périodes de temps comportant différents types de crimes. Les chercheurs en justice pénale, les décideurs et les analystes de renseignements criminels devraient être au courant du paradoxe de Simpson et de ses effets potentiels sur les données cumulatives. Finalement, la possibilité d’une inversion double doit être prise en compte lorsque l’on tente de résoudre le paradoxe de Simpson.

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