Janvier 2019
Volume 61, No. 1 | Allez aux résumés
Les nécrologies
Page 1
Denis Szabo (1929–2018): Founder of Canadian Criminology in Québec
François Fenchel, John Winterdyk
Page 8
Qui était Denis Szabo, ce Hongrois fondateur de la criminologie québécoise ?
Maurice Cusson
Articles
Page 15
Exploring Barriers to Researching the Economics of Municipal Policing
Victoria A. Sytsma, Erick Laming
Page 41
Community Policing: Perceptions of Officers Policing Indigenous Communities
Nicholas A. Jones, Rick Ruddell, Tansi Summerfield
Page 66
“Jailers in the Community”: Responsibilizing Private Citizens as Third-Party Police
Nicole Marie Myers
Page 86
A Critical Analysis of Securities Crime in Canada
Bronwen Russell, Hongming Cheng
Commentaire
Page 105
Not in My Backyard: Public Sex Offender Registries and Public Notification Laws
Patrick Lussier, Jeff Mathesius
Résumés
Exploring Barriers to Researching the Economics of Municipal Policing
Victoria A. Sytsma, Erick Laming
En utilisant comme point d’entrée les dépenses municipales de l’Ontario et l’accès à différentes technologies, cet article identifie plusieurs obstacles à l’étude des paramètres économiques des services de police canadiens ainsi que ses limites. Nous explorons plusieurs sources de données, notamment l’Enquête sur l’administration policière, le Programme du recensement de Statistique Canada, le Programme de déclaration uniforme de la criminalité et les rapports annuels des services de police municipaux et des Premières nations. Nous avons conclu que, dans une ère de services de police basés sur des preuves, les chercheurs et intervenants canadiens sont incapables d’explorer la dépense de capital de manière significative à cause des restrictions sur l’accès à l’information détaillée sur l’équipement, ainsi que les limites de l’Enquête sur l’administration policière actuelle. De plus, plusieurs défis sont associés à l’identification du territoire couvert et de la taille de la population desservie par les services de police municipaux. Ces défis sont plus grands dans les territoires desservis par des services des Premières nations.
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Community Policing: Perceptions of Officers Policing Indigenous Communities
Nicholas A. Jones, Rick Ruddell, Tansi Summerfield
L’introduction du Programme des services de police des Premières nations en 1992 avait pour but de fournir des services de police professionnels et adaptés à la culture qui répondent aux besoins des communautés. Par contre, il y a des preuves importantes montrant que ces efforts n’ont pas atteint leur cible. Cette étude examine les perceptions du travail des policiers tirées d’une enquête effectuée en 2014 auprès de 827 agents travaillant dans des communautés autochtones et établit des comparaisons avec les résultats d’enquêtes effectuées en 1996 et en 2007 par différents groupes de chercheurs qui ont posé les mêmes questions aux policiers travaillant à ces endroits. Nos résultats démontrent que les perceptions ont changé : en 2014, les agents étaient moins susceptibles de favoriser certains aspects clés des services de police en communauté, notamment apprendre à connaître les membres de la communauté, demander de l’aide de la communauté ou obtenir de l’aide d’agences communautaires, et un nombre croissant d’agents n’ont pas estimé que des services de police auprès des Autochtones nécessitaient une approche différente. Nous avons découvert que ces résultats varient selon l’affiliation organisationnelle du répondant et si le répondant avait des racines autochtones. De plus, alors que la proportion d’agents non autochtones et de la Gendarmerie royale du Canada augmentait, l’appui des services de police communautaires diminuait. Compte tenu de ces résultats, les implications d’un renouveau des services de police autochtones sont examinées.
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“Jailers in the Community”: Responsibilizing Private Citizens as Third-Party Police
Nicole Marie Myers
Pour améliorer les risques pré-procès et fournir des assurances à la cour, une caution – c’est-à-dire quelqu’un qui accepte de superviser un accusé sous caution et qui promet une somme d’argent si l’accusé ne se présente pas en cour, commet une infraction ou viole une condition de libération – est requise. Malgré un cadre légal qui stipule une présomption de libération sous caution inconditionnelle, les cautions sont présumées requises pour la plupart des libérations en Ontario. En tant qu’outil de gestion du risque organisationnel, les cautions sont responsabilisées pour exercer une fonction de maintien de l’ordre, offrant à l’État un accès à des espaces privés pour accroitre la gouvernance et la surveillance. En donnant des responsabilités et des pouvoirs policiers aux citoyens privés, l’État étend sa capacité à maintenir l’ordre, partageant son autorité tout en étendant son pouvoir.
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A Critical Analysis of Securities Crime in Canada
Bronwen Russell, Hongming Cheng
Les marchés canadiens des valeurs mobilières ont une fonction importante en (a) permettant les entreprises d’acheter, de vendre, d’échanger ou d’utiliser des valeurs pour générer ou maintenir du capital et (b) encourageant les investisseurs à participer. La prévention du crime au sein de ces marchés est difficile. Une analyse dialectique des décisions, des ordres, des accords de règlements et des communiqués de presse officiels provenant d’organismes provinciaux de réglementation des valeurs mobilières de 1986 à 2012 dévoile comment l’occasion et l’habileté de dissimuler de tels crimes sont créées. Les établissements, le pouvoir et l’idéologie sont des concepts sous-jacents utilisés pour expliquer la nature criminogénique.
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Not in My Backyard: Public Sex Offender Registries and Public Notification Laws
Patrick Lussier, Jeff Mathesius
Au Canada, la stratégie de gestion du risque au sein de la communauté qui est utilisée ne comprend pas un registre des délinquants sexuels. Bien qu’il y ait un registre national et non public des délinquants sexuels pour fins d’enquêtes policières, différents groupes de pression réclament l’importation des lois américaines en matière de registre public et de notifications de délinquants sexuels (SORN). Cette pression s’est manifesté par l’émergence d’un nombre croissant d’initiatives individuelles imitant ces politiques en fournissant, par divers moyens, les renseignements personnels de personnes condamnées pour crimes sexuels. Depuis leur adoption, les lois SORN américaines ont été largement débattues par les chercheurs, les décideurs politiques et groupes de défense des droits des victimes. Malgré la popularité de lois SORN américaines dans certains cercles, l’étude de l’évaluation de politiques n’a pas présenté des preuves scientifiques convaincantes que de telles mesures ont un impact préventif sur les crimes sexuels. En fait, les chercheurs américains ont souligné plusieurs problèmes et défis qui sont ignorés par ceux qui promeuvent les politiques SORN au Canada. La seule présence de telles politiques aux États-Unis ne devrait pas être interprétée comme une indication d’un gage de qualité et d’efficacité en matière de prévention des crimes sexuels. Une approche scientifique concertée, plutôt que du populisme pénal punitif, est nécessaire pour examiner le problème d’abus et de violence sexuelle au Canada.
