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La prévention du crime

Une prévention du crime communautaire et centrée sur les causes sous-jacentes de la criminalité devrait être perçue comme l’approche fondamentale de la lutte à la criminalité.

Fondement

Les gouvernements consacrent une proportion importante de leurs budgets de justice pénale aux établissements correctionnels. Certaines de lois adoptées depuis bon nombre d’années contribueront encore davantage à une augmentation des dépenses au chapitre de la construction de prisons et de pénitenciers. Cela est malheureux, car la proportion des investissements dans les établissements croîtra encore plus en comparaison des programmes communautaires. À notre avis, on devrait être beaucoup plus attentif et attribuer beaucoup plus de ressources aux initiatives communautaires de prévention, ce qui aurait pour effet de contribuer à une baisse des taux de récidive. Il faudrait allouer des ressources à la recherche et à l’évaluation de programme dans le but d’inventorier les programmes les plus efficaces. Il faudrait en outre que les instances fédérales et provinciales collaborent plus étroitement au chapitre des politiques et des programmes afin que le système de justice pénale dans son ensemble opère avec plus de cohésion. Cela inclurait la collecte et le partage de renseignements relatifs aux délinquants dans l’ensemble du système à des fins de gestion.

Une approche axée sur l’intervention précoce auprès des jeunes personnes le plus à risque peut s’avérer très prometteuse. On devrait offrir des programmes et des services communautaires accessibles, tels que des programmes de counseling à l’intention des enfants, des programmes sur l’art d’être parent, des groupes de soutien, de même que des programmes de formation et d’emploi. En outre, la prestation des programmes dans la collectivité devrait se faire de manière intégrée en faisant appel aux systèmes de santé, d’éducation et de justice, en tenant compte des besoins individuels et en misant sur la mise en place de réseaux de soutien adaptés.

Des mesures de déjudiciarisation devraient être mises en place pour éviter que les gens aient affaire au système de justice pénale, de même que pour promouvoir l’implication de la collectivité et l’obligation pour le contrevenant de rendre compte à la collectivité. Il faudrait encourager l’implication de bénévoles dans la collectivité et leur permettre de jouer un rôle plus significatif.

Il faudrait mettre en place des mécanismes de sensibilisation à l’intention de la population et des délinquants. Des praticiens devraient faire le pont entre les deux groupes. Les délinquants devraient être confrontés aux préjudices qu’ils ont causés et, du même coup, à leurs victimes, ce qui servirait mieux les intérêts de la justice. Cela contribuerait à atténuer la peur du crime et les torts qui en découlent.

Là où cela s’impose, il faudrait utiliser l’emprisonnement d’une manière humaine et efficace qui tienne compte à la fois de considérations liées à la sécurité et à la réadaptation. Une telle approche devrait comprendre une évaluation appropriée et efficace des risques et des besoins, et comprendre aussi des programmes axés sur la réadaptation, notamment dans le cas de clients aux besoins spéciaux, tels les femmes et les délinquants autochtones, de même qu’un processus de mise en liberté planifiée, supervisée et graduelle.

Contexte

Des responsabilités à assumer (le Rapport Daubney), le rapport du Comité permanent de la Justice et du Solliciteur général de la Chambre des communes en 1988, insistait sur l’importance de l’éducation du public dans le processus de justice pénale.

En 1994, Prévention du crime au Canada, le rapport du Comité permanent de la Justice et du Solliciteur général du Canada (Rapport Horner), se penchait sur les causes du comportement criminel en mettant l’accent sur des stratégies de prévention. Il traitait de la nécessité d’impliquer le système d’éducation en éduquant les enseignants et les étudiants au sujet des enjeux sous-jacents et en évitant de concentrer uniquement sur la sécurité.

Comme le reconnaissent la plupart des professionnels du milieu de la justice pénale et des chefs de file communautaires, la prévention de la criminalité et la réadaptation des délinquants constituent les meilleurs moyens d’assurer la sécurité publique; l’ACJP recommande donc que l’on mette davantage l’accent sur ces secteurs et qu’on leur consacre un financement accru.

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