La régulation sociale des minorités sexuelles
Sous la direction de Patrice Corriveau et Valérie Daoust
Québec : Les Presses de l'Université du Québec. 2011
Comme l'indique les auteurs, successivement condamnés par la religion, criminalisés par le droit pénal et finalement médicalisés, les minorités sexuelles ont subi une forte répression institutionnelle. Depuis, les luttes des mouvements gais et lesbiens ont conduit, dans certains pays, à la reconnaissance des droits des homosexuels au mariage et la parentalité. Toutefois, l'homosexualité est encore trop souvent perçue comme une menace à la tradition et à l'ordre "naturel". Réunissant les contributions de chercheurs en sociologie, en philosophie, en criminologie, en histoire, en anthropologie, en sexologie et en travail social, cet ouvrage porte sur les multiples modes de régulation institutionnelle et sociale des minorités sexuelles. Tout en exposant les différentes pratiques de répression employées par le passé, les auteurs de ce "collectif original" traitent de sujets contemporains comme l'homophobie dans les écoles et l'homoparentalité. Soulevant des questions de justice sociale, ils rappellent que tous, gais et lesbiennes y compris, sont engagés dans le processus de régulation des minorités sexuelles. Les co-directeurs du collectif sont Patrice Corriveau, sociologue et professeur au Département de criminologie de l'Université d'Ottawa, ainsi que Valérie Daoust, philosophe et professeur au Département de philosophie de l'Université d'Ottawa.
Compte tenu précisément de l'objectif multidisciplinaire du collectif, tous les articles ne sont pas exclusivement orientés par une approche criminologique en tant que tel, ce qui se comprend fort bien. Toutefois, quelques articles en particulier relèvent plus spécifiquement de la criminologie et ils méritent ici d'être signalés, soit:
- Le chapitre 2, p. 45-65, par Jean-François Cauchie et Patrice Corriveau : "Les moeurs homoérotiques ou l'éternel retour à la faute morale et au corps impur".
- Le chapitre 3, p. 67-102, par Ross Higgins: " La régulation sociale de l'homosexualité / De la répression policière à la normalisation".
- Le chapitre 8, p. 203-225, par Jean Dumas, Joseph Lévy, Christine Thoër et Bill Ryan: " Minorités sexuelles et champs de régulation dans le cyberespace canadien".
Certes, plusieurs autres articles sont pertinents, au delà de la criminologie, car ils ont une dimension internationale fort intéressante, comme le chapitre 4 sur le Québec et la Belgique (Cathy Herbrand), le chapitre 5 sur la France (Martine Gross), ou le chapitre 9 sur les facteurs socioéconomiques, culturels, juridiques et politiques à l'échelle internationale (Martin Blais, Joseph Lévy, Isabelle Bédard et Patrice Corriveau). Finalement, un article en apparence loin de la criminologie mérite notre attention, soit le chapitre 1, par Isabelle Perreault, qui traite de "Psychochirurgie et homosexualité (p. 27-44). En particulier la section "Du pervers au déviant: une nouvelle lecture de l'homosexualité", dans le cadre d'une étude de l'Hôpital Saint-Jean-de-Dieu à la mi-XX è siècle à Montréal.
ANDRÉ NORMANDEAU
Université de Montréal |
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