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Recension de livre

Droits et voix / La criminologie à l'Université d'Ottawa / Rights and Voices
/ Criminology at the University of Ottawa

Sous la direction de
Véronique Strimelle et Françoise Vanhamme

Ottawa : Les Presses de l'Université d'Ottawa. 2010

"Droits et voix / Rights and Voices" est un livre bilingue produit à l'occasion du 40è anniversaire du Département de criminologie de l'Université d'Ottawa. Au même moment, l'École de criminologie de l'Université de Montréal célèbre son 50 è anniversaire. "Droits et voix" est un collectif original, sous la direction de deux professeurs du Département de criminologie de l'Université d'Ottawa, les Professeurs Strimelle et Vanhamme. Ce livre relate l'histoire du Département de 1968 à nos jours. Les douze (12) chapitres du livre font un tour d'horizon, en français et en anglais, de problématiques fort diverses, telles que:

  1. L'évolution du droit pénal. Par Richard Dubé.
  2. Les enjeux du droit international dans le traitement des personnes privées de liberté. Par Sandra Lehalle.
  3. La prévention, revue et corrigée. Par Christine Gervais.
  4. L'économie politique de la sécurité. Par Michael Kempa.
  5. L'adoption de la technologie d'identification génétique au Canada. Par Alain Lachapelle et Marie-Lyne Vachon.
  6. Transcarceration et ... une maison de transition. Par Leah DeVellis.
  7. Le changement social et la réintégration des femmes plus âgées. Par Laura Shantz.
  8. L'approche de réduction des méfaits. Par Line Beauchesne.
  9. La violence politique. Par Maritza Felices-Luna.
  10. La danse en prison. Par Sylvie Frigon et Claire Jenny.
  11. Le "corps" des prisonniers et des ex-prisonniers. Par Chris Bruckert et Melissa Munn.
  12. Une sociologie historique du suicide. Par Patrice Corriveau.

Au delà de ces douze (12) chapitres, le lecteur sera particulièrement intéressé à la "double" introduction  de Véronique Strimelle et Françoise Vanhamme sur les "Quarante ans de criminologie made in Ottawa / Expériences et défis" (p. 1-13; p. 15-40), ainsi qu'à la "Conclusion" de Jacques Laplante (p. 269-272). En introduction, les co-directrices du collectif relate à leurs façons l'histoire du Département de criminologie de ses origines à nos jours en mettant l'accent sur les débats théoriques qui ont influencé l'approche critique et autoréflexive de la criminologie. Elles y soulignent que les articles du collectif remettent en question la perspective traditionnelle de la criminologie sur divers sujets, notamment les études policières, la santé mentale, la violence politique, le suicide et la prévention du crime. Les auteures affirment que l'Université d'Ottawa a joué et joue toujours un "rôle primordial dans la redéfinition de la criminologie et la promotion du militantisme, de la justice sociale et de la compassion". Certes, il y aurait tout un débat à faire à ce sujet car plusieurs criminologues ailleurs au Canada, et même aux États-Unis et en Europe, pourraient avoir probablement un autre jugement à ce propos. Néanmoins, le collectif réussit à nous convaincre que, "vraiment", le Département de criminologie de l'Université d'Ottawa a "bel et bien" joué ce "rôle primordial". À tout seigneur, tout honneur !

En guise de conclusion, par ailleurs, Jacques Laplante nous rappelle que: "Criminologie du passage à l'acte, criminologie de la réaction sociale, criminologie de la régulation sociale, trois types de criminologie enseignés au Département de criminologie de l'Université d'Ottawa durant ces 40 dernières années. Moralisatrice, récriminant, critique, cette criminologie s'est faite à l'occasion bavarde, tout autant que le politique, l'institutionnel et le commun des mortels, parce que le crime fait parler" (p. 269). Et Laplante de terminer en soulignant que: "Les travaux critiques du Département sont nécessaires et continueront de l'être afin de permettre une lecture de notre société et de ses pratiques hors des lieux communs, afin ainsi de signaler les problèmes sociaux qui tendent à tomber dans l'oubli. La recherche critique est l'essence de la pédagogie, dans ce sens précis où cette pédagogie permet à son tour de faire voir un peu mieux les rapports de l'individu à la société, de faire voir le rapport tout spécifique du criminel à un système qui est tout aussi spécifique" (p. 271-272). Bref, voici un livre-anniversaire fort intéressant et fort pertinent qui nous permet de comparer la criminologie canadienne "made in Ottawa" avec celle de Montréal ... ou de Paris !

ANDRÉ NORMANDEAU
Université de Montréal



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