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Recension de livre

Histoire et dictionnaire de la police / du Moyen Âge à nos jours

Sous la direction de Michel Aubouin, Arnaud Teyssier et Jean Tulard
Paris, France : Robert Laffont, 2005

Cet ouvrage est un collectif "monumental", tant par sa quantité, c'est le moins que l'on puisse dire (1088 pages!), que par la qualité des textes. Il a été écrit par 51 auteurs, sans compter la préface du Premier ministre Dominique De Villepin et l'avant-propos du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. Malgré la présence de ces deux "auteurs un peu particuliers", le livre est un livre scientifique qui n'a pas de lien avec un quelconque agenda politique. Ce livre n'est pas une histoire "maison" ou complaisante. L'ouvrage est divisé en trois parties. La première (pages 1 à 538, en 14 chapitres), est intitulée : "La police du Moyen Âge à nos jours". La première section de cette partie est substantielle et elle a été écrite par Claude Gauvard : "La police avant la police, la paix publique au Moyen Âge" (pages 4 à 146). La seconde section est l'oeuvre d'Arlette Lebigre : "La genèse de la police moderne" (pages 147 à 218). La troisième section, "La police et les temps nouveaux" (pages 219 à 350), ainsi que la quatrième, "Vers la police contemporaine" (pages 351 à 538) est constituée de huit (8) chapitres qui ont été écrits par six (6) auteurs différents : Georges Carrot, Jean Tulard, Marcel Le Clère, Jean-Marc Berlière, Claude Charlot et Charles Diaz. Le chapitre 14, par exemple, traite de la police moderne depuis 1967 jusqu'à nos jours, à la lumière des multiples réformes mises en oeuvre pendant cette période récente que nos connaissons mieux. L'ensemble de cette première partie de l'ouvrage est vraiment écrit avec finesse et précision historique de bon aloi. Un vrai "régal" pour le juriste et le criminologue intéressés au sujet!

La seconde partie du livre est intitulée tout simplement : "Dictionnaire de A à Z" (pages 539 à 904). Plus de 40 auteurs y ont contribué. En général les textes sont de dimension modeste puisqu'il s'agit d'un dictionnaire : une ou deux pages par article-définition. Certains articles traitent de "sujets", tels le "Lieutenant de police de Paris" (en l'an de grâces 1674), et "Femmes dans la police", alors que d'autres traitent de "personnages", tels le fameux Joseph Fouché, 1759-1820, ministre de la police à Paris sous Napoléon ainsi qu'à la Restauration, et Alphonse Bertillon, 1853-1914, le père de l'identité judiciaire et du perfectionnement des empreintes digitales. Ce dictionnaire ne prétend pas recouvrir tout le champ de l'activité policière. Les choix retenus par les auteurs visent à porter une attention particulière aux personnages les plus représentatifs de l'histoire policière et à commenter quelques-unes des thématiques mises en évidence dans la première partie de l'ouvrage.

La troisième partie de l'ouvrage (pages 905 à 1044) est celle des "Annexes / Sources et bibliographie". Habituellement de telles annexes sont purement techniques. Ici, au contraire, il s'agit d'une partie qui se lit "comme un roman", ou presque. En effet, certains thèmes retenus sont fort intéressants en eux-mêmes. Par exemple, quatre annexes traitent de "L'argot de la police", de "La police dans la littérature", de "La police vue par le cinéma", de "La police à la télévision". Deux autres annexes sont plus techniques : l'une traite de "L'organisation de la police nationale" et l'autre d'une "Chronologie de l'histoire policière". Enfin, la dernière annexe porte sur les "Sources et bibliographie". L'on y constate que bien que beaucoup d'auteurs, jusque dans les années 1990, se soient plaints d'une relative indigence des études concernant la police, force est de reconnaître que celles-ci se sont multipliées depuis de façon fort substantielle, ce que reflète cette dernière annexe.

Tout compte fait, cet ouvrage est vraiment "superbe". La police est au coeur de l'histoire et de l'imaginaire de la France. Il n'existait pas, jusqu'à présent, d'histoire d'envergure de la police en France. Le livre tombe à pic pour combler ce vide. Il le fait de façon "magistrale". L'on peut seulement souhaiter que d'autres pays, comme le Québec-Canada, la Belgique, la Suisse... puissent imiter la France sur ce plan.

ANDRÉ NORMANDEAU
Université de Montréal




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