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Recension de livre

Condamner à mort / Les meurtres et la loi à l'écran

Par Catherine Mavrikakis
Montréal, QC : Les Presses de l'Université de Montréal, 2005

Le livre de Catherine Mavrikakis sur les condamnés à mort porte évidemment sur un thème criminologique, puisqu'il s'agit d'une analyse de la façon dont les médias (en particulier la télévision et le réseau d'Internet) traitent les nouvelles qui concernent le meurtre et le meurtrier. Toutefois, l'analyse est si différente des analyses criminologiques classiques de type juridique, sociologique et psychologique... traditionnelles, que le criminologue que je suis est un peu perplexe devant une telle approche, tout en étant, d'une certaine façon, admiratif devant l'originalité du point de vue utilisé par l'auteure. Ce point de vue est d'abord celui d'une professeure, non pas en droit ou en criminologie, mais au Département d'études françaises de l'Université de Montréal. Donc, une auteure "littéraire", d'autant plus que Catherine Mavrikakis est aussi une romancière, ayant déjà publié quatre romans au cours des cinq dernières années. Ceci dit, son essai, car il s'agit véritablement d'un essai vraiment personnel, s'applique à penser, à partir de ces vitrines que sont la télévision et l'Internet, les problèmes et les solutions qu'offrent le droit, la loi et la justice pour "gérer l'assassin": "suppression des personnes" (la peine de mort); la "camisole chimique" (les médicaments et les calmants de toutes sortes, la castration...); "l'enfermement" (la privation de liberté, totale ou partielle); la "surveillance électronique" dans la communauté; les autres "mesures communautaires de contrôle pénal" (dont la libération conditionnelle, même pour certains meurtriers ayant purgé 20 ou 25 ans d'emprisonnement)... L'auteure analyse ainsi quelques cas de meurtres exceptionnels, à savoir: 1. Timothy McVeigh, le terroriste "intérieur" américain qui a fait exploser un édifice fédéral en Oklahoma (tuant plus d'une centaine de personnes, dont plusieurs enfants) pour s'opposer, disait-il, à l'omniprésence du gouvernement fédéral américain dans la vie privée des Américains; 2. Aileen Wuornos, la prostituée-meurtrière de la Floride qui fut une "meurtrière en série" célèbre, car, règle générale, les meurtriers en série, les "serial killers", sont presque toujours des hommes; le film bien connu "Monster" raconte son histoire avec le jeu brillant de l'actrice sud-africaine et américaine Charlize Theron, un rôle qui lui a valu d'ailleurs le titre de la meilleure actrice en 2004 lors de la cérémonie de remise des Oscars à Hollywood; 3. Andrea Yates, cette mère cinq fois infanticide, aujourd'hui emprisonnée et contrôlée médicalement; et 4. Armin Meives, désormais sous les verrous, qui a "mangé un homme" rencontré par le biais d'Internet. Catherine Mavrikakis analyse ces cas spectaculaires et dramatiques qui ont nourri la chronique des médias nord-américains durant les dernières années. L'analyse, je le répète, est celle d'un écrivain de métier qui utilise une grille de lecture proprement littéraire. Déformés par nos propres grilles de lecture juridique et criminologique, nous devons donc faire un effort et accepter la grille fort différente proposée par l'auteure, Catherine Mavrikakis, pour profiter de ce "petit livre" atypique mais fort stimulant.

André Normandeau
Université de Montréal




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