Suicide in Prisons
sous la direction de Graham Towl, Louisa Snow et Martin McHugh,
préface de Martin Narey
Leicester, U.K.: British Psychological Society. 2000
Ce livre comporte certains aspects fort instructifs et utiles. En effet, son approche multidisciplinaire permet au lecteur néophyte d'avoir une vue d'ensemble de la problématique du suicide en général et plus particulièrement du suicide en prison. Ce souci de faire le lien entre le suicide en milieu libre et le milieu carcéral est fort enrichissant parce qu'il met en évidence les similarités et la nécessité de tenir compte des connaissances acquises pour mieux intervenir en milieu carcéral.
Ainsi, le chapitre sur le rôle et l'aide que peuvent s'apporter les co-détenus entre eux (en situation de crise ou ayant des problèmes d'adaptation au milieu carcéral ou d'autre problèmes personnels) est particulièrement éclairant. En effet, les détenus peuvent s'adresser à des co-détenus ayant reçu une formation spécifique et ainsi recevoir un support personnalisé dans un contexte où une relation de confiance peut s'établir sans trop de risque.
Le chapitre concernant la formation du personnel en regard de la problématique du suicide met en lumière le fait que les procédures de gestion des problèmes du suicide en milieu carcéral ne sont pas suffisantes. En effet, il est indispensable de prendre en compte l'institution comme telle et d'être conscient que les changements de mentalité nécessaires sont tributaires de la connaissance que le personnel peut avoir de l'ensemble des objectifs identifiés et des possibilités, plus ou moins grandes, de les atteindre. Malheureusement, le personnel de santé n'est pas pris en compte dans l'analyse. Cette lacune est fort surprenante quand on sait que les différents auteurs sont membres des services correctionnels. De plus, quand on prend connaissance de l'étude de Birmingham et al (2000) qui montre que le personnel de santé des prisons britanniques a une attitude plutôt autoritaire qui freine les détenus à faire part de leur détresse psychologique, il y a tout lieu de s'interroger sur les perspectives réelles de changement de mentalité en milieu carcéral.
L'avant dernier chapitre est consacré aux mesures à prendre suite au drame qu'est le suicide. Le mérite de ce chapitre tient au fait qu'il note qu'il est impérieux de se soucier non seulement du personnel et des détenus, mais également de la famille et des amis. Donner un support psychologique est insuffisant, il faut également donner accès à l'information concernant les causes et les circonstances relatives au décès, plus particulièrement à la famille. Ce qui n'est malheureusement pas encore le cas.
Les premiers chapitres nous présentent un survol des connaissances relatives au suicide en prison et plus spécifiquement à propos du Royaume-Uni. Nous n'y trouvons rien de nouveau.
Birmingham, L., J. Gray, D. Mason , et D. Grubin (2000). Mental Illness at Reception into Prison. Criminal Behaviour and Mental Health 10(2);77- 87,2000.
JEAN-CLAUDE BERNHEIM
Université de Montréal
Université d'Ottawa |
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