Nous présentons seulement les résumés des articles dans ces pages du Web. Les Notes de recherche et les Commentaires sont rarement inclus dans ces résumés. Les lecteurs qui désirent les textes complets doivent communiquer avec l’ ACJP et s’abonner à la Revue. Ils (elles) peuvent aussi se procurer les anciens numéros que nous avons en stock.
SPATIAL DIMENSIONS OF FEAR IN A HIGH-CRIME COMMUNITY: FEAR OF CRIME OR FEAR OF DISORDER?
Steven A. Kohm
Department of Criminal Justice, University of Winnipeg
Dans l'article, on parle des résultats d'une étude menée pendant deux ans sur la peur du crime et la victimisation dans un quartier central de la ville de Winnipeg, Manitoba. Des entrevues en personne ont été menées en 2007 auprès d'un échantillon de 394 résidents de ce quartier très touché par la criminalité. Les répondants ont fourni des données spatiales, qualitatives et quantitatives sur les niveaux de peur, les modèles de victimisation et l'expérience vécue avec les troubles dans le quartier. Malgré un niveau élevé de victimisation criminelle et de préoccupations concernant la criminalité, les résidents du quartier se sont dits plus inquiets par les troubles que par les crimes comme on le détermine dans les lieux les plus visés par la peur dans la collectivité. Les mesures spatiales et qualitatives de la peur dans ce quartier viennent appuyer le lien qui existe entre les troubles et la peur du crime, même dans les collectivités très touchées par la criminalité.
CRIME SPECIALIZATION ACROSS THE CANADIAN PROVINCES
Martin A. Andresen
School of Criminology, Simon Fraser University
Depuis plusieurs années, on remarque dans les provinces canadiennes une répartition du taux de criminalité qui augmente d'est en ouest. Même si ces différences régionales existent depuis fort longtemps, peu de recherches ont été menées pour les expliquer. Dans l'article, on se penche sur ce problème en remettant en question ces différences régionales. À l'aide d'une mesure alternative de la criminalité, le
quotient de localisation, on montre que les taux des divers types de crimes ne sont pas tous plus élevés dans l'ouest du Canada. En fait, même si une personne donnée est plus susceptible d'être victime d'un crime dans les provinces de l'ouest, les taux de chaque type de crimes ne sont pas tous disproportionnellement plus élevés dans cette région. On a découvert que les tendances vers un type de crime ou un autre varient d'une province à l'autre. On pourrait donc faire fausse piste en se concentrant uniquement sur le taux d'activités criminelles.
EXPLORING DRUG SOURCING AMONG REGULAR PRESCRIPTION OPIOID USERS IN CANADA: DATA FROM TORONTO AND VICTORIA
Benedikt Fischer,1, 2 Joseph Anthony De Leo,2 Christiane Allard,1 Michelle Firestone-Cruz,2 Jayadeep Patra,2 and Jürgen Rehm,2
1 Centre for Applied Research in Mental Health and Addictions (CARMHA), Simon Fraser University, Vancouver
2 Centre for Addiction and Mental Health (CAMH), University of Toronto, Toronto
De récentes données nord-américaines ont révélé une augmentation de l'abus des opiacés sur ordonnance (OO) dans la population générale et chez les consommateurs de drogues vendues sur la voie publique. Ce qui distingue ce phénomène des drogues illicites est la « source d'approvisionnement », puisqu'on peut obtenir des OO par différents moyens « dérivés » du système médical ou d'autres sources. Toutefois, on ignore encore le rôle général joué par le marché des drogues illicites pour les OO.
Des personnes qui consommaient fréquemment des OO dans les rues de Toronto (N =43) et de Victoria (N =39) ont été recrutées par des centres communautaires. Elles ont rempli un questionnaire administré par un interviewer portant sur les caractéristiques de l'approvisionnement en OO sur le marché des drogues vendues sur la voie publique.
Les répondants consommaient de multiples drogues, qu'elles soient opiacées ou non. Quelques-uns d'entre eux possédaient leur propre ordonnance pour des OO. Les sources « ordinaires » d'OO étaient plus fréquentes à Toronto. Une proportion assez importante de répondants des deux villes ont affirmé qu'ils échangeaient ou vendaient des drogues illicites: à Toronto, il pouvait s'agir de drogues opiacées ou non, tandis qu'à Victoria, il s'agissait surtout de drogues non opiacées. D'après les répondants, la source d'approvisionnement sur la voie publique pour les OO pourrait être distincte de celle pour les drogues illicites. On a observé une augmentation de la disponibilité, de la demande et du prix des drogues non opiacées au cours des dernières années.
Le marché des drogues illicites semble être une des sources d'approvisionnement permettant d'accroître le taux d'utilisation des OO chez les consommateurs de la rue. Selon nos données, le marché des OO serait structuré différemment de celui des autres drogues illicites. Il faudra en tenir compte lors de l'élaboration éventuelle de techniques d'intervention et dl projets de recherche.
THE SAGA CONTINUES: CANADIAN LEGISLATIVE ATTEMPTS TO REFORM CANNABIS LAW IN THE TWENTY-FIRST CENTURY
Elaine Hyshka
En juillet 2003, dans un article publié dans la
Revue canadienne de criminologie et de justice pénale, Fischer, Ala-Leppilampi, Single et Robins se demandaient si la longue série « de promesses, d'hésitations et de reculs » concernant la réforme des lois sur le cannabis au Canada tirait à sa fin après 30 ans d'inertie. L'optimisme des auteurs était basé sur la détermination apparente du gouvernement fédéral de décriminaliser la possession du cannabis et un contexte sociopolitique favorable à la réforme. En effet, le gouvernement venait de déposer un projet de loi visant à décriminaliser la possession d'une petite quantité de cannabis, pour en faire un délit sanctionné par une contravention. Toutefois, ce projet de loi a été retiré avant son adoption. Deux versions subséquentes ne sont pas passées à la Chambre des communes. Dans l'article, on poursuit le travail de Fischer et ses collaborateurs (2003) en mettant à jour les données et en examinant les nouveautés dans la politique canadienne en matière de cannabis pour la période allant de 2003 à 2008. On passe en revue les dispositions du projet de loi C-38 et des versions subséquentes, en suivant leur cheminement au Parlement. De plus, on présente la position des principaux groupes d'intérêts touchés par la décriminalisation de la possession simple de cannabis. On conclut par une réflexion sur cette période qui montre que la série « de promesses, d'hésitations et de reculs » concernant la réforme des lois sur le cannabis au Canada se poursuit encore aujourd'hui avec la même intensité.
CRIME-PREVENTION JURISPRUDENCE? A RESPONSE TO ANDREWS AND DOWDEN
Astrid Birgden
School of Psychology, Deakin University
Récemment, Andrews et Dowden (2007) ont publié un article suggérant qu'on pourrait améliorer le bien-être des contrevenants et des victimes en utilisant le modèle risque-besoin-réceptivité pour guider les systèmes légaux et judiciaires dans la prévention du crime (au lieu d'une thérapie). Par conséquent,
la jurisprudence sur la prévention du crime (décrite comme un objectif de la loi et de la justice reflétant le langage de la psychologie sociale et de la personnalité) a été proposée comme une autre solution à la
jurisprudence thérapeutique (décrite comme un objectif en santé mentale reflétant le langage clinique en santé mentale légiste). Les auteurs ont affirmé à tort que la jurisprudence thérapeutique est un concept de santé mentale visant à offrir une thérapie pour améliorer le bien-être des contrevenants, sans se préoccuper des victimes. En fait, la jurisprudence thérapeutique est un concept légal qui se sert des connaissances de la science sociale pour souligner les effets thérapeutiques et antithérapeutiques de la loi, des procédures légales et des rôles légaux de toutes les personnes, y compris les victimes. La réponse remet en question trois hypothèses présentées par Andrews et Dowden concernant le rôle de la jurisprudence thérapeutique. Dans cette réponse, on conclut que le point de mire de la réadaptation du contrevenant devrait être l'amélioration de la protection de la collectivité grâce à un équilibre entre les droits du contrevenant et ceux de la victime. Comme la jurisprudence thérapeutique fournit déjà une telle structure, l'idée d'une jurisprudence en matière de prévention du crime ne vient y ajouter aucune valeur.