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CONSTITUTING THE VIOLENCE OF CRIMINALIZED WOMEN
Elizabeth Comack and Salena Brickey
Department of Sociology, University of Manitoba
Au cours des dernières années, les recherches visant à améliorer notre compréhension des femmes violentes ont porté sur trois construits différents et pourtant interreliés, soit ceux de la victime, de la folle et de la mauvaise femme. Cependant, les diverses études ne comportent aucune discussion de la façon dont les femmes violentes se construisent. La présente étude a donc pour objet de faire la lumière sur les constructions discursives des femmes violentes ainsi que sur les discours dont elles s’inspirent pour se créer une identité. Pour ce faire, on a mené des entrevues auprès de 18 femmes criminalisées, et on a pu ainsi cueillir des données permettant de répondre à plusieurs questions. Comment et où la violence s’inscrit-elle dans les témoignages que font ces femmes sur leur vie ? Comment se construisent-elles ? Dans quels discours puisent-elles ? À quels discours résistent-elles ? Les construits dominants de la femme violente en tant que victime, folle ou mauvaise femme éveillent-ils des résonances chez elles ? À la lumière des réponses, les auteures soutiennent que chaque construit, s’il trouve une résonnance quelconque dans les divers témoignages, ne réussit pas à représenter toute la complexité de leur vie. Leur identité étant fracturée et multiple, on ne peut expliquer la violence dont ces femmes sont auteures et victimes en y imposant un modèle de référence dominant. Enfin, les auteures et victimes en y imposant un modèle de référence dominant. Enfin, les auteures discutent de la contribution éventuelle de leur analyse à la compréhension de la violence féminine.
COMMUNITY-BASED INTERVENTIONS FOR AT-RISK YOUTH IN ONTARIO UNDER CANADA’S YOUTH CRIMINAL JUSTICE ACT: A CASE STUDY OF A “RUNAWAY” GIRL
Ruth M. Mann
Department of Sociology and Anthropology, University of Windsor
Charlene Y. Senn
Department of Psychology, University of Windsor
April Girard
Department of Sociology and Anthropology, University of Windsor
Salma Ackbar
Department of Psychology, University of Windsor
Cet article présente les constats découlant d’un projet de recherche qu’on est en train d’effectuer sur les interventions menées auprès de jeunes Ontariens violents ou à risque. Ces interventions s’inscrivent dans le cadre de partenariats autorisés en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) de 2003. Les auteures donnent d’abord un survol descriptif et théorique de la stratégie du partenariat pour la prévention du crime prévue par la Loi (Garland 2000). Elles présentent ensuite leur analyse d’une entrevue menée auprès d’une étudiante âgée de 16 ans (entre 2002 et 2006, elles ont effectué un total de 85 entrevues auprès de jeunes filles et garçons recrutés par l’entremise des écoles secondaires, des organismes communautaires, des réseaux de promotion des droits de la jeunesse et des établissements correctionnels). Or, au cours de cette entrevue, la répondante relate ses expériences en tant que victime d’actes de violence perpétrés par sa famille et par ses pairs ainsi que les diverses mesures d’évasion et de recherche d’aide qu’elle a prises pour venir à bout de ses difficultés. En puisant largement dans les discours gouvernementalistes portant sur la gouvernance libérale avancée, les auteures axent leur analyse sur les liens qu’on peut établir entre la victimisation, l’évasion, la protection de l’enfance, la criminalité et l’exclusion sociale. Elles discutent enfin des perspectives offertes par les stratégies de partenariat communautaire qu’on veut lancer en vue de répondre aux besoins des jeunes pris dans une telle trajectoire, et elles examinent les défis que les responsables doivent relever.
PUBLIC ATTITUDES TO SENTENCING IN CANADA: EXPLORING RECENT FINDINGS
Julian V. Roberts
University of Ottawa & Centre for Criminology, University of Oxford
Nicole Crutcher and Paul Verbrugge
Department of Justice Canada
Cet article présente les résultats de deux enquêtes d’opinion publique représentatives qui portaient sur les attitudes des Canadiennes et des Canadiens envers trois questions reliées à la détermination de la peine : la sévérité de la peine, les buts de la détermination de la peine, et la peine d’emprisonnement obligatoire. Or, les tendances constatées dans tous les sondages menés au cours des trente dernières années se maintiennent dans ces deux enquêtes, effectuées en 2005 : la plupart (74%) des Canadiennes et des Canadiens estiment que les pratiques de détermination de la peine ne sont pas assez sévères. Pour ce qui est des buts de la détermination de la peine, ce sont les objectifs à caractère réparateur qui récoltent la plus grande faveur. Ces objectifs consistent à favoriser le développement d’un sens de la responsabilité chez le contrevenant et de s’assurer que la victime du crime bénéficie des pratiques de justice réparatrice. Les répondants appuyaient dans une moindre proportion les buts plus traditionnels de la dissuasion et de la neutralisation. Il convient de souligner que ce résultat représente un changement de cap par rapport aux résultats de l’enquête précédente (de 1985) qui évaluait les réactions du public sur les buts de la détermination de la peine. Un plus de 50% des répondants, en 2005, se disent en faveur des peines obligatoires ; ce chiffre correspond au résultat d’enquêtes menées aux Etats-Unis et en Australie. Par ailleurs, en ce qui a trait à la peine obligatoire, les répondants appuient fortement les dispositions législatives permettant au juge d’exercer un certain pouvoir discrétionnaire. Le public canadien semble donc avoir pris conscience des risques d’une peine d’incarcération obligatoire absolue, et il semble être en faveur de dispositions qui permettraient au juge d’imposer une peine moins sévère dans des circonstances exceptionnelles. Les auteurs discutent de l’incidence éventuelle de ces résultats sur les politiques canadiennes en matière de détermination de la peine.
THE SENTENCING OF ABORIGINAL AND NON-ABORIGINAL YOUTH: UNDERSTANDING LOCAL VARIATION
Anthony N. Doob
Centre of Criminology, University of Toronto
Jane B. Sprott
Department of Sociology and Anthropology, University of Guelph
Dans un numéro récent de la Revue canadienne de criminologie et de justice pénale, Latimer et Foss (2005) affirment que les peines de placement sous garde imposées, en vertu de la
Loi sur les jeunes contrevenants, aux jeunes Autochtones de cinq villes canadiennes étaient de plus longue durée que celles imposées aux jeunes non-Autochtones habitant les mêmes villes. En fait, il s’agit d’un constat factice fondé sur des variations inter-juridictionnelles. L’analyse des données de chaque ville prise séparément ou l’application d’autres contrôles statistiques ne font dégager aucun écart entre les deux groupes de contrevenants. Ce phénomène semble illustrer le Paradoxe de Simpson : lorsqu’on regroupe les calculs de deux variables grâce à l’agrégation des données de deux ou de plusieurs sous-populations, on peut établir un lien entre ces variables et obtenir en conséquence un certain résultat ; et pourtant le calcul des mêmes variables pour chacune des sous-populations prise individuellement donne le résultat inverse ou ne montre aucun lien entre les variables.