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janvier 2004 (Numéro spécial) | Sommaire Volume 46, No 2


RÉSUMÉS

Nous présentons seulement les résumés des articles dans ces pages du Web. Les Notes de recherche et les Commentaires sont rarement inclus dans ces résumés. Les lecteurs qui désirent les textes complets doivent communiquer avec l’ ACJP et s’abonner à la Revue. Ils (elles) peuvent aussi se procurer les anciens numéros que nous avons en stock.



 
WRONGFUL CONVICTIONS: THE AMERICAN EXPERIENCE
 
C. Ronald Huff
School of Social Ecology, University of California
Irvine, CA

 
Le nombre croissant de condamnations injustifiées qui ont fait les manchettes et dont la plupart ont été annulées grâce aux tests ADN a amené plusieurs gouvernements aux États-Unis, comme au Canada, à faire de cette question un élément central de leur politique officielle. Parallèlement, on assiste depuis une vingtaine d'années à une augmentation des recherches savantes en la matière. Cet article traite de la fréquence possible des condamnations injustifiées, des principaux facteurs, de l'état présent de la loi américaine, des projets et commissions d'exonération aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada, ainsi que de l'importance de la fausse condamnation dans le cadre de la lutte contre la peine de mort aux États-Unis. Il faut mieux comprendre la condamnation injustifiée et ses causes afin de mieux protéger tant les droits des innocents que la sécurité des citoyens face aux délinquants qui demeurent en liberté alors que les personnes injustement condamnées sont incarcérées.
 

 
SHOWING REMORSE: REFLECTIONS ON THE GAP BETWEEN EXPRESSION AND ATTRIBUTION IN CASES OF WRONGFUL CONVICTION
 
Richard Weisman
Law and Society Program, Division of Social Science, York University
Toronto, Ontario

 
Cet article a pour but premier de démontrer que les personnes accusées de crimes peuvent être perçues, d'une part, comme étant rongées par le remords et, d'autre part, comme étant entièrement sans remords. Il ressort de cette dichotomie une hiérarchie morale ayant de profondes implications pour la caractérisation et la disposition des personnes ainsi désignées. En deuxième lieu, en fonction d'une étude de cas américains et canadiens, on démontre comment l'inclusion dans la catégorie des personnes sans remords influe sur la caractérisation et la disposition de ceux qui ont été injustement condamnés. En dernier lieu, les résultats de l'étude amènent à la conclusion que le remords se trouverait au coeur de conflits entre les personnes qui sont injustement accusés et les fonctionnaires oeuvrant au sein du système de justice pénale et qu'on exercerait des pressions institutionnelles afin d'encourager, d'une part, l'expression du remords et, d'autre part, la mobilisation de ressources individuelles en vue de résister à l'extériorisation du remords.
 

 
THE BURDEN OF INNOCENCE: COPING WITH A WRONGFUL IMPRISONMENT
 
Kathryn Campbell and Myriam Denov
Department of Criminology, University of Ottawa
Ottawa, Ontario

 
On assiste depuis peu à un regain d'intérêt quant aux condamnations injustifiées au Canada. La plupart des recherches, toutefois, ont porté principalement sur les nombreux facteurs qui contribuent au problème; elles négligent en grande partie les personnes les plus directement touchées par ces erreurs judiciaires - les victimes elles-mêmes. La présente recherche vise à faire valoir les propos et le vécu de cinq Canadiens condamnés injustement, et cela, par le biais d'entrevues approfondies au cours desquelles ceux-ci racontent leur arrestation, leur incarcération et leur libération.

Les répondants affirment qu'au moment de l'arrestation, ils ont été victimes de "vision téléscopique" et de muvaise conduite de la part des instances. Ils ont utilisé plusieurs stratégies d'adaptation perfectionnées alors qu'ils étaient emprisonnés, telles que la collaboration, le repli sur soi-même, la recherche constante de l'exonération, et le rejet de l'étiquette de "criminel". Le fait de clamer son innocence tout au long de l'incarcération a eu des conséquences notables, comme celle d'être perçu par l'administration carcérale comme étant à haut risque de récidiver. De plus, comme ils clamaient constamment leur innocence, les répondants vivaient une incertitude constante quant à leur date de libération. Enfin, ils disent avoir vécu des problèmes à la suite de leur libération, dont une intolérance face à l'injustice et un désir d'obtenir une indemnisation. Ces recherches démontrent l'importance de tenir compte, dans le cadre de l'élaboration des pratiques et politiques en justice pénale, de l'expérience de ces victimes de condamnations injustifiées.


 
PSYCHOLOGICAL CONSEQUENCES OF WRONGFUL CONVICTION AND IMPRISONMENT
 
Adrian Grounds
Institute of Criminology, University of Cambridge
Cambridge, U.K.


Peu de recherches ont été effectuées sur les effets psychologiques de la condamnation et de l'emprisonnement injustifiés. La présente étude descriptive a été menée auprès de 18 hommes qui ont fait l'objet d'une évaluation psychiatrique systématique après que leur condamnation avait été annulée par la cour d'appel et qu'ils avaient été libérés au bout de plusieurs années d'emprisonnement. Il s'agit de 16 cas britanniques et de eux dont la gestion relève d'autres juridictions. Les évaluations ont révélé un niveau élevé de morbidité psychiatrique. Quatorze membres du groupe répondaient aux critères diagnostiques ICD-10 indiquant des changements de personnalité à la suite d'une expérience catastrophique (F62.0). Douze d'entre eux souffraient du trouble de stress post-traumatique et la plupart d'entre eux ont signalé des troubles supplémentaires d'anxiété et d'humeur.

On a également constaté de nombreux problèmes d'adaptation sociale et psychologique, et plus particulièrement ceux d'ordre familial. Les difficultés étaient semblables à celles décrites dans la documentation clinique portant sur les anciens combattants. L'auteur examine certaines explications possibles: des caractéristiques spécifiques de traumatisme à la suite d'une erreur judiciaire et d'un emprisonnement à long terme semblent contribuer tous les deux à des problèmes psychologiques post-libération.
 
 


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