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THE SOCIAL CONTEXT OF THE POLICE DISCRETION WITH YOUNG OFFENDERS: AN ECOLOGICAL ANALYSIS
Jennifer L. Schulenberg
University of Waterloo
Waterloo, Ontario
L'auteure fait une étude comparée de quatre théories écologiques de la criminalité en vue d'évaluer leur contribution à la compréhension des taux de criminalité et de l'exercice de la discrétion par les corps policiers au moment de la prise de décision concernant les jeunes. Il s'agit des théories de l'urbanisation, de la désorganisation sociale et de l'opportunité ainsi que de l'hypothèse de la surcharge. Les données sur les taux de criminalité et les mises en accusation dans 447 communautés canadiennes ont fait l'objet d'une analyse par régression par rapport à des indicateurs des caractéristiques du service policier et de la communauté visée, et ce, à l'intérieur d'un cadre d'analyse des pistes causales. Or, selon les résultats de l'étude, seule la théorie de la désorganisation sociale servirait à expliquer les taux de criminalité, et seules les théories de l'urbanisation et de la désorganisation sociale pourraient expliquer l'exercice de la discrétion par la police à l'égard des jeunes. Les résultats n'offrent aucune preuve de la pertinence de la théorie de l'opportunité ou de l'hypothèse de la surcharge.
TECHNOLOGIES OF CRIME: THE CYBER-ATTACKS ON ELECTRONIC GAMBLING MACHINES
John L. McMullan
Department of Sociology
Saint Mary's University
David C. Perrier
Department of Sociology
Saint Mary's University
Les auteurs se penchent sur les technologies et les structures organisationnelles de la criminalité informatique reliée à l'industrie des appareils de loterie vidéo dans la province de Nouvelle-Écosse. Ils axent leurs recherches sur les techniques de déchiffrage des codes de protection, de repérage des programmes d'initialisation, de la programmation fantôme, et du téléchargement et du transfert des programmes en tant que techniques rationnelles de neutralisation du contrôle social. Leur analyse porte également sur l'organisation sociale des cyberattaques. En guise de conclusion, les auteurs discutent de la portée éventuelle de leur étude de cas dans le domaine de la criminalistique informatique.
LA REMISE EN LIBERTÉ SOUS CONDITIONS PAR LES POLICIERS DANS DES ÉVÉNEMENTS DE VIOLENCE CONJUGALE
Sonia Gauthier
École de service social
Université de Montréal
Montréal, Québec
Cet article porte sur l'utilisation, par les policiers, d'un pouvoir que leur a conféré le Code criminel canadien en 1994 : celui de remettre les suspects en liberté sous conditions en attendant leur première comparution (art. 499 [2] et 503 [2.1]). Nous avons mené une recherche portant sur 1'usage de cette pratique dans le cas de ceux soupçonnés d'un crime de violence conjugale. Des entrevues semi-dirigées ont été conduites auprès de 18 policiers (enquêteurs et lieutenants-détectives) du Service de police de la Ville de Montréal, entre les mois de mars et octobre 2000. Les enquêteurs rapportent que ce nouveau pouvoir leur a permis de libérer une proportion importante de prévenus. Toutefois, l'ampleur de cette pratique varie entre les enquêteurs, qui disent utiliser cette mesure pour 35 % à 90 % des prévenus. Cette décision est prise si l'enquêteur détermine que le prévenu ne risque pas de récidiver. Les facteurs les plus déterminants dans la décision que les enquêteurs doivent prendre sur le statut des prévenus sont la présence ou non d'antécédents de violence (judiciarisés ou non) ou de bris d'ordonnance ainsi que la gravité de l'accusation. La condition de remise en liberté qu'ils considèrent la plus importante et qu'ils imposent presque systématiquement est celle sur la non-communication avec la victime.
THE INCARCERATION OF ABORIGINAL OFFENDERS: TRENDS FROM 1978 TO 2001
Julian V Roberts
Department of Criminology
University of Ottawa
Ronald Melchers
Department of Criminology
University of Ottawa
Depuis longtemps, les commissions d'enquête, tous les paliers de gouvernement et les documents de recherche et statistiques portant sur les corrections au Canada signalent les taux élevés de détention des Autochtones. Au cours de 2000-2001, dernière année pour laquelle des données sont disponibles, les contrevenants autochtones représentaient 19% des admissions en détention provinciale et 17% des admissions en détention fédérale. Les auteurs du présent article examinent les admissions des contrevenants autochtones et non autochtones condamnés à l'incarcération depuis 1978, année où des statistiques nationales indiquant l'origine ethnique des contrevenants avaient été publiées pour la première fois. Dans le cadre de cette analyse, on porte une attention particulière aux tendances qui se sont dessinées dernièrement, alors que le Parlement et la Cour suprême ont essayé d'apporter des solutions au problème. Plus précisément, celui-là a voulu enchâsser dans la loi la spécificité des contrevenants autochtones; celle-ci a rendu des jugements fondés sur l'interprétation des dispositions en matière de détermination de la peine du Code criminel adoptées en 1996. Or, les résultats de l'étude démontrent que les efforts consentis depuis une vingtaine d'années en vue de réduire le nombre d'Autochtones admis en détention n'ont pas obtenu les résultats escomptés. Bien que le nombre d'admissions en détention des Autochtones ait diminué depuis 1993-1994, les admissions des non Autochtones ont diminué plus rapidement, ce qui laisse entendre que ce ne sont pas les changements spécifiques de politique qui sont responsables de la baisse des taux autochtones.
DO YOUTHFUL OFFENDERS REJECT ADULT PUNISHMENT NORMS?
Jane B. Sprott
Department of Sociology and Anthropology
University of Guelph
L'auteure de cet article veut répondre à la question suivante : aux yeux du grand public, les jeunes contrevenants constituent-ils un groupe de jeunes distinct qui rejette les normes sociétales en matière de punition. Elle explore donc les opinions de citoyens et de jeunes contrevenants concernant les punitions qui conviendraient par rapport à trois cas hypothétiques. Les résultats de cette exploration lui permettent ensuite de tirer les conclusions suivantes : non seulement les citoyens perçoivent les jeunes contrevenants comme étant un groupe de jeunes distinct qui voudrait des punitions moins sévères que ne le veulent les autres adolescents, mais également les jeunes contrevenants eux-mêmes aimeraient mieux des punitions peu sévères. Cependant, ceux-ci proposent en fait des punitions plus sévères que ne le font les citoyens. Ils sont en outre conscients de l'appui que le grand public accorde aux sanctions punitives et de sa volonté d'éloigner les " délinquants " de la collectivité au moyen de l'incarcération. Ces constats viennent confirmer, d'ailleurs, les travaux de Benaquisto et Freed (1997), qui ont conclu que les contrevenants ne rejettent pas les normes sociétales en matière de punition. Ceci étant dit, la perception erronée que les jeunes contrevenants se font d'un public avide d'infliger le châtiment risque de présenter un défi sur le plan de la réintégration.